Pour sauver l'économie, sauvons d'abord le climat

Les hausses des températures pourrait avoir un impact sur le PIB bien plus important qu'imaginé. | Markus Spiske via Unsplash
Les hausses des températures pourrait avoir un impact sur le PIB bien plus important qu'imaginé. | Markus Spiske via Unsplash

La campagne pour les élections européennes et les résultats enregistrés le 9 juin le confirment: les questions environnementales et les dérèglements du climat ne figurent pas encore au premier rang des priorités. Il est vrai que les écologistes n'ont pas toujours su trouver la bonne méthode pour s'adresser aux électeurs: parler de décroissance à des gens qui peinent à boucler leur budget, c'est prendre le risque de ne pas être compris.

La multiplication des catastrophes climatiques, allant des inondations dans le nord de la France à la sécheresse dans le sud, incite pourtant à remettre en cause les vieux schémas de pensée. Ce que l'on considérait jusqu'à présent comme un effet secondaire déplaisant de la croissance, une simple «externalité négative», comme disent les économistes, semble devenir un problème majeur. Les économistes, justement, sont de plus en plus nombreux à travailler sur le sujet et les résultats de leurs recherches sont de plus en plus alarmants.

Quels liens entre hausse de la température et variation du PIB?

En 2018, William Nordhaus et Paul Romer ont reçu le prix Nobel d'économie pour leurs recherches sur les liens entre climat et économie. Paradoxe: cette récompense leur a été attribuée à un moment où leurs travaux commençaient à être vivement contestés. Dès 1991, William Nordhaus avait travaillé sur un modèle DICE (modèle dynamique intégré climat économie) censé montrer la relation entre hausse de la température et variation du PIB, afin de permettre de calculer un prix du carbone conciliant au mieux le coût actuel de la renonciation à l'émission d'une tonne de CO2 et les dommages futurs de cette émission, si elle avait lieu.

En 1992, il publiait dans la revue Science un article dans lequel il expliquait qu'une hausse de la température de 3°C n'aurait qu'un impact négatif de 1% sur le PIB des États-Unis et de 1,3% sur le PIB de l'ensemble des pays.…

Lire la suite sur Slate.fr