"Sauvées par la clope": à Grasse, le soulagement d'avoir échappé à la fusillade

Claudine RENAUD
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Des pompiers viennent en aide à des élèves du lycée Tocqueville, le 16 mars 2017 à Grasse

Grasse (AFP) - "On a été sauvées par la clope!" À Grasse, Audrey et Mokhtaria sourient, soulagées d'avoir échappé à la fusillade qui a fait quelques heures plus tôt huit blessés au lycée Tocqueville, avant l'interpellation d'un élève de l'établissement, armé.

Mokhtaria, 15 ans, élève en seconde générale, fumait avec des amis dans le garage à motos du lycée lorsque les tirs ont retenti: "On a entendu des coups de feu à 12H45." Sa copine Audrey poursuit: "On a été sauvées par la clope!"

Mokhtaria continue: "On a vu plein de gens descendre en criant: "Y'a un taré qui tire sur les gens!" On est parties en courant, plus vite que Rainbow Dash", un héros de la série Little Poney dont elle porte l'image sur son t-shirt.

Policiers aux ronds-points, hélicoptère dans le ciel, membres du Raid fouillant le lycée Tocqueville: la tension était encore palpable dans les rues de Grasse jeudi après-midi, quelques heures après la fusillade.

À plusieurs centaines de mètres du lycée, les forces de l'ordre déployées en nombre empêchaient les badauds d'accéder au site, un grand établissement moderne aux murs blancs portant les rayures bleu ciel de la capitale française de la parfumerie. Un jeune homme a été arrêté après les faits, et les enquêteurs s'interrogeaient sur la possibilité qu'il ait pu avoir un complice.

Le lycée était toujours dans l'après-midi entouré de nombreux policiers, notamment du Raid, a constaté un photographe de l'AFP. Sur un parking voisin, proche d'une agence du Crédit mutuel, des pompiers et des dizaines d'agents en gilet bleu marine avec l'inscription "Médiation éducative" s'affairaient auprès de nombreux lycéens regroupés là, en état de choc.

- 'On n'est pas dans les quartiers nord ici' -

Des élèves inquiets, des parents soulagés s'enlaçaient.

Une mère d'élève dont le fils est en terminale se dit "surprise que ça se passe à Grasse". "Mes enfants vont à l'école ici depuis toujours, il n'y a pas d'insécurité, on n'est pas dans les quartiers nord de Marseille ici!"

À l'hôpital de la ville, le directeur Frédéric Limouzy explique à l'AFP avoir reçu les blessés de la fusillade. "On a reçu quatre blessés, dont le proviseur blessé par balles au bras gauche, confiant et s'inquiétant surtout pour ses élèves. Il y a aussi trois adolescents de 16 et 17 ans blessés par des plombs: l'un au visage et thorax, l'autre au thorax et le 3e aux jambes."

"Deux autres blessés doivent arriver, des ados qui se sont blessés aux mains en enjambant des grillages dans la panique", a-t-il ajouté.

Le président LR de la région Paca Christian Estrosi avait auparavant évoqué trois blessés --deux élèves et le proviseur-- et un troisième élève très choqué. Le ministère de l'Intérieur a pour sa part relevé huit blessés légers, dont trois touchés par des plombs.

Briki, un jeune garçon, est venu de Cannes après avoir appris l'information et a appelé un ami blessé dans la fusillade. "C'est mon copain d'enfance. C'est moi qui l'ai appelé, il était encore au lycée. Il était en train de pleurer. Il m'a dit qu'il s'était pris des balles et il m'a dit de venir ici", confie-t-il dans un souffle.

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