Comment le « tout sauf Macron » face au « tout sauf Mélenchon » détourne les Français de la politique

© AFP

Ces élections législatives pointent un fait clair : les urnes ont soif, l’assèchement de la vie politique n’épargne personne ou presque. 52,5 % d’abstention pour ce premier tour des législatives, plus de 12 millions d’électeurs perdus dans la campagne, soit 35,2 % de chute, deux mois après le premier tour de l’élection présidentielle. À la petite exception près de LR, qui remonte de 700 000 voix son faible score d’avril, toutes les forces sont atteintes par cette hémorragie exceptionnelle.

La Nupes espérait redonner souffle à la gauche enfin unie : elle se voit privée de 5 millions des voix qui s’étaient portées sur les candidats séparés au mois d’avril, soit 45,7 %. Dans le même temps, la majorité présidentielle perd 3,9 millions des suffrages recueillis par Emmanuel Macron (39,8 %), et le RN 3,8 millions (47,7 %).

Le piège du ressenti

Cette pâleur du scrutin est source de fausse transparence : s’en tenir aux pourcentages, quand la part des électeurs s’avère congrue, est source d’erreurs et peut conduire à substituer le ressenti au réel.

Au vu des quelques chiffres que nous relevons, le premier enseignement qui se dégage c’est l’aggravation du fossé qui sépare les électeurs de leurs représentants.

Ce 12 juin est donc d’abord une défaite pour tous les acteurs politiques, qui voient se réduire comme une peau de chagrin la base de leur légitimité déjà fortement mise à mal par la perte de confiance dans la capacité du politique à répondre aux attentes de la société.

Car, quelle q...


Lire la suite sur LeJDD

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles