Un satellite propulsé à l'iode mis en orbite, une première mondiale !

Par Guerric Poncet
·1 min de lecture
Ane Aanesland et Dmytro Rafalskyi, les deux fondateurs de la start-up francilienne ThrustMe, avec deux modèles de systèmes à propulsion qu’ils ont développés et commercialisent.
Ane Aanesland et Dmytro Rafalskyi, les deux fondateurs de la start-up francilienne ThrustMe, avec deux modèles de systèmes à propulsion qu’ils ont développés et commercialisent.

Lorsque nous l'avions rencontrée à l'automne 2019, la fondatrice de ThrustMe, Ane Aanesland, était formelle : elle pouvait diviser par deux le prix d'un propulseur pour nanosatellite, tout en le rendant plus durable et écolo. Sa solution ? Un moteur électrique qui propulse l'engin miniature non pas avec du gaz xénon, rare, cher et compliqué à stocker, mais avec de l'iode, un ergol (le « carburant ») bon marché qui peut se stocker sous forme solide dans le satellite. Son rêve s'est réalisé le 6 novembre 2020, avec la mise en orbite du prototype depuis la base chinoise de Taiyuan.

La pandémie mondiale de Covid-19 leur a mis quelques bâtons dans les réacteurs, mais le nanosatellite s'est bien envolé comme prévu. « Nous avons dû développer, tester et livrer notre moteur pendant la période où les voyages étaient limités », explique la Norvégienne installée en France, sur le site du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

Lire notre portrait Ane Aanesland : des aurores boréales à la physique des plasmas

Une « solution élégante »

Issu de recherches menées au CNRS et à l'École polytechnique, le moteur inventé par ThrustMe est révolutionnaire. La propulsion chimique des satellites, ancien système consistant à embarquer puis à éjecter de la matière à haute pression pour générer un déplacement, a peu à peu laissé place, ces dernières années, à des systèmes hybrides, combinant ergol et électricité. Cette dernière étant fournie par les panneaux solaires, le po [...] Lire la suite