Saskatchewan, la province canadienne qui prospère en pleine pénurie mondiale

LEAH HENNEL/REUTERS

Lorsque les immigrants ukrainiens ont afflué pour la première fois au Canada à la fin du XIXe siècle, écrit The Economist, le gouvernement “avait une mission pour eux : coloniser les vastes prairies entre les forêts de l’Ontario et les montagnes Rocheuses”.

C’est par dizaines de milliers qu’ils se sont installés dans un paysage au sol riche et bon marché, qui leur rappelait la Bucovine et la Galicie, pour former aujourd’hui la seconde plus importante diaspora ukrainienne du monde après celle de Russie.

Aujourd’hui, la Saskatchewan, dont le nom en langue crie signifie “rivière aux flots rapides”, voit les prix des denrées qu’elle produit en abondance monter en flèche en raison de la guerre en Ukraine : blé, avoine, colza, légumineuses et moutarde. En conséquence, l’économie de la Saskatchewan “devrait croître de 6 % cette année, plus que toute autre province canadienne”, souligne l’hebdomadaire britannique.

“Or rose”

Et encore, ces ressources ne sont pas les plus importantes. Dans le sol de la Saskatchewan se trouvent du pétrole, du gaz, de l’uranium “et, par-dessus tout, de la potasse”. Ce composant essentiel de l’engrais “est parfois appelé ‘or rose’, en raison de la teinte que ce minerai salin prend avant d’être affiné en poudre blanche”.

La province en assure le tiers de la production mondiale, alors que des importateurs comme l’Europe ont perdu leur accès aux deux autres grands producteurs, la Russie et la Biélorussie, en raison des sanctions et des problèmes de chaînes d’approvisionnement.

Cet essor économique est assombri par deux facteurs, note The Economist : comme presque partout ailleurs au Canada, la Saskatchewan souffre d’une pénurie de travailleurs. De plus, avec à peine 1,2 million d’habitants sur un territoire plus grand que la France, sa population demeure faible.

“Le gouvernement provincial tient à accueillir autant de réfugiés ukrainiens que possible. Mais malgré de nombreux emplois, des logements bon marché et une diaspora, les Ukrainiens n’y viennent pas en masse.”

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