SARS-CoV-2 : la superpropagation serait-elle le talon d'Achille du virus ?

Julien Hernandez, Journaliste scientifique
·2 min de lecture

Comment le SARS-CoV-2 se propage-t-il ? C'est la question à laquelle essaient de répondre tous les scientifiques qui travaillent sur la dynamique de la pandémie depuis sa genèse. Une nouvelle étude de modélisation, parue dans la revue Pnas (Proceedings of the National Academy of Science of the United States of America), suggère que la superpropagation du SARS-CoV-2 serait son talon d'Achille. Qu'est-ce que cela veut dire et peut-on faire confiance à cette nouvelle étude ?

Le SARS-CoV-2 ne se propage absolument pas comme la grippe

Le faisceau de preuves s'agrandit pour considérer le fait que le nouveau coronavirus – qui n'est plus vraiment nouveau – se répand grâce à une part réduite de personnes qu'il infecte. Cela se traduit par son indice de dispersion qui est estimé à 0,1. À l'inverse du taux de reproduction du virus noté R, qui représente la probabilité moyenne d'infecter une autre personne, l'indice de dispersion noté K représente le rapport entre le nombre d'infections et le nombre de personnes à l'origine de ces dernières. « L'indice de dispersion du SARS-CoV est de 0,1 – ce qui veut dire que ce sont seulement 10 % des infectés qui sont à l'origine de 80 % des infections. Cet indice de dispersion est de 1 pour la grippe, ce qui se traduit par le fait que 45 % des infectés sont responsables de 80 % des infections », explique Antoine Flahault.

La dispersion du SARS-CoV-2 n'a rien à voir avec celle d'un virus de la grippe. © NIAID-RML, Adobe Stock
La dispersion du SARS-CoV-2 n'a rien à voir avec celle d'un virus de la grippe. © NIAID-RML, Adobe Stock

Un faible taux de contamination au sein des familles

L'article des chercheurs danois du Niels Bohr Institute et du Département des sciences et de l'environnement de l'université de Roskilde donne des exemples sur le taux des contaminations observées dans les familles : 17 % au Danemark, 12 % en Chine, 16 % en Corée du Sud. Ceci est une illustration du fait que l'indice de dispersion est faible. « Le taux d'attaque du SARS-CoV-2 est faible au sein des familles par rapport aux autres virus respiratoires connus. C'est...

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