Le SARS-CoV-2 serait un mélange de coronavirus de pangolin et de chauve-souris

Julie Kern, Rédactrice scientifique

La chauve-souris et le pangolin sont les deux animaux soupçonnés d'héberger des coronavirus proches du SARS-CoV-2. Une nouvelle étude a montré que le SARS-CoV-2 possède à la fois des gènes de coronavirus de chauve-souris et de pangolin.

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, une question qui peut paraître simple donne du fil à retordre à la communauté scientifique. D’où vient le coronavirus responsable de la maladie, le SARS-CoV-2 ? L’origine animale du virus ne fait aucun doute, mais quelles espèces ont hébergé un virus parent du SARS-CoV-2 ? La chauve-souris et le pangolin sont au cœur de cette enquête génétique. Et si plutôt que de choisir entre les deux, ils avaient tous les deux joué un rôle dans l’émergence du SARS-CoV-2 ?

C’est la conclusion d’une étude parue dans Science Advances qui a comparé des génomes de coronavirus de chauves-souris et de pangolins disponibles sur les bases de données publiques avec ceux des trois coronavirus : SARS-CoV, SARS-CoV-2 et le MERS-CoV. Selon celle-ci, le virus du SARS-CoV-2 est une mosaïque de plusieurs coronavirus de chauves-souris et de pangolins, et serait issu de plusieurs événements de recombinaison.

La recombinaison virale

La recombinaison génétique est un mécanisme biologique clé durant lequel deux brins d’ADN mélangent leur information génétique pour former un brin-fils qui possède des caractéristiques de chaque brin parental. C’est grâce à ce phénomène qu’on peut posséder la même couleur d’yeux que sa mère et la même couleur de cheveux que son père.

Chez les virus, le phénomène de recombinaison génétique existe aussi, même quand leur matériel génétique n’est pas de l’ADN. Le SARS-CoV-2 possède un génome à ARN, comme les virus de la grippe. Le génome des virus du genre Influenza est composé de plusieurs fragments d’ARN qui peuvent se recombiner pour former une nouvelle souche, lorsqu’ils se rencontrent dans une même cellule. Chez les coronavirus, le génome est constitué d’une  seule molécule d’ARN, ce qui ne l’empêche pas de se recombiner avec d’autres coronavirus similaires. Ce phénomène a aussi été décrit pour le SARS-CoV et le MERS-CoV.

De la chauve-souris et du pangolin dans le SARS-CoV-2

Ces recombinaisons compliquent le travail des...

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