SARS-Cov-2 : deux variants dangereux se sont combinés en un nouveau virus

Céline Deluzarche, Journaliste
·2 min de lecture

Ces dernières semaines, le SARS-CoV-2 a muté pour donner lieu à différents variants. Mais, jusqu’ici, ces mutations s’effectuaient à l’intérieur du génome d’un seul virus, avec des petites modifications du code génétique. Selon le New Scientist, un chercheur du Los Alamos National Laboratory au Nouveau Mexique (États-Unis) vient d’identifier le premier cas de recombinaison entre deux souches de SARS-CoV-2.

En l’occurence, il s’agit des variants B.1.1.7 (« variant anglais ») et B.1.429 (« variant californien »). Un nouvel hybride particulièrement préoccupant : le premier est soupçonné d’être 50 à 70 % plus contagieux, et le second d’être résistant aux anticorps monoclonaux. Les deux variants ont également la caractéristique commune de prendre rapidement le dessus sur les autres souches.

Le SARS-CoV-2 a une forte propension à se recombiner

Contrairement aux mutations classiques, où les changements s’effectuent en une seule fois, les recombinaisons empruntent des petits bouts d’ARN à chaque variant pour construire un nouveau génome hybride. Il suffit qu’une cellule contienne un exemplaire de chaque virus pour que l’enzyme saute de l’un à l’autre en remixant leur génome en un seul.

Cette tactique est assez courante chez les coronavirus ; les chercheurs estiment même que c’est ainsi que le SARS-CoV-2, à l’origine chez la chauve-souris, a pu devenir transmissible à l’Homme. Sauf que jusqu’à maintenant, on avait dans chaque pays une souche majoritaire avec peu de probabilité de croisement de plusieurs variants chez un seul patient. Avec la multiplication des variants, il n’est pas étonnant d’assister maintenant à une recombinaison.

Il s’agit pour l’heure d’un cas unique détecté parmi des milliers de séquences. De plus, la découverte n’a encore fait l’objet d’aucune publication, il faut donc rester méfiant sur cette affirmation, d’autant plus que les méthodes de détection des recombinaisons ne sont pas toujours fiables. Mais, pour Sergei Pond, professeur de biologie à...

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