Sarkozy : ce que la justice a caché

L'enquête était secrète, ses conclusions ont failli le rester. De 2014 à 2016, dans un cadre procédural douteux et selon des méthodes hautement contestables, le parquet national financier (PNF) a fait effectuer des recherches à partir des relevés téléphoniques de Thierry Herzog, l'avocat de Nicolas Sarkozy. Comme l'a dévoilé jeudi Le Point, ces investigations visaient à identifier un informateur censé leur avoir appris qu'ils étaient sur écoute dans ce qui allait devenir l'affaire "Bismuth" - le pseudonyme au nom duquel était ouverte la ligne qu'ils utilisaient pour se parler. Les documents obtenus par le JDD attestent que la procédure a été maquillée puis artificiellement prolongée jusqu'en 2019 afin de priver l'ancien président d'éléments susceptibles de servir sa défense.

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Des milliers d'échanges impliquant de grands cabinets d'avocats parisiens ont ainsi été retracés, géolocalisés et disséqués par la police, au mépris du secret professionnel. Venant après l'évocation par l'ex-dirigeante du PNF, Éliane Houlette, de "pressions" destinées à accélérer les poursuites contre François Fillon en 2017, ces révélations jettent une ombre ­supplémentaire sur le rôle de la justice financière, sur fond de règlements de comptes internes. "Le PNF a fonctionné comme une officine politique", confiait cette semaine un haut magistrat, se déclarant "indigné" de telles méthodes.

Un document secre...


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