"Sarkozy, Hollande, Macron, tous ont forcé mon admiration"

L’ancien chef d’état-major Benoît Puga a passé six ans à l’Elysée, servant Nicolas Sarkozy puis François Hollande, avant d’installer Emmanuel Macron. A l’occasion du gala de la Légion d’honneur, nous l’avons rencontré.

Paris Match. Plus de deux siècles après sa création, comment expliquez-vous l’attachement des Français à la Légion d’honneur ?
Benoît Puga. Il est lié à l’institution, telle qu’elle a été prévue par Bonaparte en 1802 : un système de récompense universel. Pour la première fois de l’histoire, le clairon était décoré en même temps que le général, le scientifique et le commerçant. C’est ce qui a fait le succès et la pérennité de la Légion d’honneur : tout le monde peut être récompensé pour services rendus à la nation.

Vous avez été chef de l’état-major particulier de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande. Quel regard portez-vous sur ces six années à l’Elysée, au service de ces deux présidents qui se sont opposés en 2012 ?
Cela a été un moment passionnant de ma carrière. A ce niveau de responsabilité, on échappe aux clivages politiques… Chacun d’eux a forcé mon admiration dans des prises de décision difficiles. Le président Sarkozy au moment de l’affaire de la Libye. Il a assumé son souhait d’intervention pour éviter un massacre. Pour François Hollande, c’est avec le Mali, alors que le pays était occupé par les terroristes. Il a appelé l’Onu à agir, et il a fait le choix courageux d’engager des unités.

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Bonaparte n’était peut-être pas féministe mais il a créé une école pour jeunes filles

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En tant que grand chancelier de la Légion d’honneur, vous avez aussi participé à la cérémonie d’investiture du président Macron…
On se connaissait bien. J’ai œuvré à l’Elysée auprès de François Hollande avec lui pendant deux ans et demi. Dans cette matinée d’investiture, il y a eu deux moments incroyablement émouvants. Je lui ai remis les insignes de grand’croix en présence de son épouse. Dans son regard, j’ai vu l’instant où il(...)


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