Et Sapiens entama sa lente conquête du monde

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La dernière "sortie" d'Afrique, il y a 70.000 à 60.000 ans, aura été la bonne. Celle d'un petit groupe d'humains qui, traversant la mer Rouge, signe le départ d'une odyssée.

Cet article est extrait du n°204 des Indispensables de Sciences et Avenir, daté janvier/mars 2021.

Une molaire et quelques fragments d'os… Cela semble bien peu et pourtant, les restes humains découverts dans la grotte de Bacho Kiro, en Bulgarie, par l'équipe de Jean-Jacques Hublin, de l'institut Max-Planck d'anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Allemagne), ont une portée historique. En effet, l'étude de la morphologie de la dent ainsi que l'analyse de l'ADN mitochondrial des vestiges osseux ne laissent guère de doute : on a affaire ici à un Homo sapiens. La surprise vient de l'âge de ces vestiges, publié dans la revue Nature en mai 2020 : 46.000 ans ! Ils attestent donc de la présence de notre ancêtre en Europe 6.000 ans plus tôt qu'estimé jusqu'alors, étendant le laps de temps pendant lequel celui-ci et Néandertal ont coexisté sur le continent… Les fouilles entreprises par l'équipe depuis 2015 sur ce site très riche promettent d'autres surprises, non encore publiées. Mais une chose est d'ores et déjà certaine : les habitants de Bacho Kiro, s'ils ne sont pas nos ancêtres directs, sont des représentants de la première vague d'humains modernes à gagner l'Europe.

Un périple entamé il y a 70.000 à 60.000 ans sur la côte est de l'Afrique, quelque part entre l'actuel Djibouti et l'Égypte. À cette époque, selon toute vraisemblance, de petits groupes d'Homo sapiens cheminent en direction du Sinaï, qu'ils traverseront pour atteindre le Levant. D'autres, plus aventureux, s'embarquent à bord de radeaux de branchages sur une mer Rouge beaucoup moins profonde qu'aujourd'hui et, en progressant d'île en île, passent le détroit de Bab-el-Mandeb avant de rejoindre les côtes du Yémen. C'est le début de l'expansion mondiale d'Homo sapiens, selon une théorie baptisée "Out of Africa" par les scientifiques.

C'est en 1988 que les paléoanthropologues britanniques Peter Andrews et Christopher Stringer en ont posé les bases. Compilant toutes les données issues des fossiles et de la génét[...]

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