Santé : plus de la moitié des Européens préfèrent internet à leur médecin en cas de symptômes

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Une récente étude révèle qu’une grande majorité d’Européens consulte plus volontiers internet que leur docteur au moindre symptôme qui leur ferait penser à une maladie. Mais ces recherches liées à notre état de santé aboutiraient le plus souvent à prendre pour argent comptant de faux conseils médicaux en ligne. Il s’agit de la « cybercondrie ».

Pour beaucoup d’internautes, le premier réflexe en cas de petite blessure, d'éruption cutanée ou de symptômes physiques considérés comme inhabituels, serait d’interroger Google ou un autre moteur de recherche pour tenter d'établir soi-même un diagnostic du mal présumé qui nous afflige : cette pratique en ligne qui se repend aussi à travers les réseaux sociaux se nomme la « cybercondrie ».

Le terme est une référence directe à l’hypocondrie, un trouble psychologique assez inquiétant qui qualifie l’angoisse permanente et irraisonnée d’un individu à propos de son état santé.

Par analogie, la « cybercondrie » décrit donc l'habitude de personnes qui recherchent de manière compulsive des informations sur le web et développent une anxiété excessive vis-à-vis de leur pseudo-symptômes médicaux, indiquent les auteurs de l’enquête menée en 2021 et publiée début avril par Eurostat.

Une enquête auprès des habitants de l’UE de 16 à 75 ans

Les conclusions de l’étude, menée par l’organisme dépendant de la Commission européenne et chargé de l’information statistique à l’échelle du continent, révèlent ainsi qu’en moyenne 55% des Européens ont cherché des informations médicales sur la Toile au cours des trois derniers mois précédents l’enquête.

Dans le détail, on constate de grandes disparités selon les États de l’Union. En France, 56% des sondés avouent avoir effectué leur propre diagnostic médical en passant principalement par Google ou dans une moindre mesure, par l’un des moteurs de recherche concurrents. Les Finlandais et les Danois sont en tête du classement des hypocondriaques du web en affichant un taux respectivement de 80% et 75% pour ce type de consultation en ligne.

En revanche, les Bulgares et les Allemands sont beaucoup plus raisonnables et en dessous de la moyenne européenne, la plupart déclarant qu’internet ne serait pas assez fiable pour se renseigner correctement sur des problèmes santé.

Des recherches qui amplifieraient la désinformation médicale en ligne

Selon l’étude, les recherches des internautes européens amplifieraient la désinformation médicale en ligne, le phénomène des infox médicales ayant largement profité de la crise sanitaire du Covid-19. Par exemple, de nombreux internautes inquiets sur l’état de leur santé ont massivement relayé, sans le savoir, des publications antivaxs sur les réseaux sociaux.

Cette envolée de la « cybercondrie » sur le web s’expliquerait aussi par les difficultés qu’éprouvent de plus en plus de citoyens dans nombreux pays européens à joindre facilement leur médecin traitant. Par ailleurs, la simplicité de l’accès à des infos médicales par internet, et le besoin d’être rassuré rapidement, ont accéléré le phénomène, concluent les auteurs de l’enquête Eurostat.

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