Santé : une famille porte plainte suite à une erreur de diagnostic en téléconsultation

Au printemps dernier, en plein confinement, Jean-Christophe Allemand appelle un médecin en téléconsultation. Il a très soif depuis quelques jours, et sa langue est blanche. Le docteur lui diagnostique un champignon sur la langue. "Je le vois boire énormément, et là j'ai tout de suite pensé au diabète", se souvient sa mère, Claudine. Sa compagne assiste à la consultation à distance, avec un médecin qu'ils ne connaissent pas. "Je ne peux me référer qu'à mon ressenti, c'est que c'était orienté sur : a-t-il les symptômes du Covid ou pas, ajoute Elise David, sa compagne. Donc aujourd'hui j'ai la sensation que s'il n'avait pas le Covid, il n'avait rien de grave." Plainte pour homicide involontaire Une semaine plus tard, l'homme de 40 ans meurt des suites d'une décompensation diabétique. La famille porte plainte pour homicide involontaire. Leur avocat dénonce les limites de la télémédecine. "Ça n'est pas la médecine du toucher, de l'examen clinique, de l'examen visuel, de l'entretien personnalisé, c'est un peu une médecine anonyme", estime Me. Hervé Gerbi. Les syndicats de médecins, eux, défendent la téléconsultation, mais lorsque le patient et le médecin se connaissent, afin de limiter les erreurs. Avec le Covid-19, la pratique de la téléconsultation a explosé en France : 19 millions d'actes à distance en 2020, contre 300 000 l'année précédente.