Sandrine Rousseau "ne peut pas empêcher le RN de voter" une motion portée par la Nupes

"Je ne signerai pas de motion avec le Rassemblement national, je l'ai dit de multiples fois", martèle Sandrine Rousseau. Face aux difficultés du camp présidentiel à l'Assemblée nationale pour réunir une majorité de députés pour voter la réforme des retraites, le scénario d'un nouveau 49.3 apparaît de plus en plus probable.

L'activation de cet article engagerait une nouvelle fois la "responsabilité du gouvernement" en ouvrant la voie à une ou plusieurs motions de censure. Parmi les dix motions déposées depuis le début de la nouvelle législature, aucune n'a obtenu les 289 voix nécessaires pour faire tomber le gouvernement.

Mais le président du RN Jordan Bardella continue d'appeler à une union des députés opposés au projet de réforme pour faire tomber le gouvernement: "il est dans l'intérêt de tous les Français que les oppositions se mettent d'accord pour déposer une motion de censure". Il a d'ailleurs évoqué à cette occasion des "discussions aujourd'hui à l'Assemblée nationale" sur un texte commun.

"Il n'y aura pas ma signature" sur une motion RN

Dans ce contexte, Sandrine Rousseau a rappelé qu'elle n'envisageait pas de co-signer ou de voter un texte de motion porté par le parti de Marine Le Pen. "Même une motion transpartisane, ce sera sans le RN dans tous les cas", a martelé la députée de Paris sur BFMTV ce dimanche, dans la lignée de ses prises de positions lors des précédentes motions.

"Il n'y aura pas ma signature et je pense qu'il n'y aura aucune signature de mon groupe politique", a-t-elle ainsi réaffirmé.

Une stratégie apparemment partagée par le Parti socialiste, selon le sénateur Patrick Kanner: "Nous déposerons une motion, mais nous ne mélangerons jamais nos voix avec le RN", a affirmé l'élu.

Sandrine Rousseau explique toutefois ne pas pouvoir "empêcher le Rassemblement national de voter" une motion portée par le Groupe écologiste et/ou la NUPES. Ou par les Républicains.

Car selon des informations obtenues par BFMTV, des députés LR travaillent actuellement sur une motion transpartisane avec élus de gauche et du groupe LIOT (Libertés, Indépendant, Outre-mer territoires). Pour rappel, il faut qu'une motion soit signée par au moins 58 députés, au moins un dixième de l'Assemblée, pour être soumise au vote.

Le gouvernement joue la sérénité

Face au risque de voir une motion de censure adoptée, le gouvernement refuse d'affirmer qu'il est prêt à recourir au 49.3: "Ce n'est pas non-plus un outil qu'on est prêts à dégainer", estimait le porte-parole du gouvernement Olivier Véran sur LCI ce lundi, tout en expliquant que le gouvernement "ne renoncera pas" à sa réforme des retraites. La veille, ministre du travail Olivier Dussopt estimait que le gouvernement "ne veut pas" du 49.3 en jugeant toutefois "stupide" de l'écarter totalement.

Reste que selon le compteur BFMTV des députés ayant affirmé qu'ils voteraient la réforme, le compte n'y est pas encore. Seuls 15 députés LR ont ainsi publiquement fait part de leur soutien au texte, alors que le gouvernement a besoin d'une quarantaine de voix supplétives pour le faire adopter.

Emmanuel Macron a rappelé à plusieurs reprises ses intentions : "S'il y a une motion de censure qui est votée, je dissous tout de suite" rétorquait-il en septembre.

Article original publié sur BFMTV.com