Et si les sanctions contre la Russie ne marchaient pas ?

Sur son rocher isolé, ceinte de puissantes murailles protectrices, l’iconique cathédrale Saint-Basile-le-Bienheureux de Moscou est entourée de torchères brûlant ce gaz qui ne vient plus chauffer l’Europe. The Economist, sous le titre “Les sanctions marchent-elles ?” ose en une de son édition du 27 août la question qui fâche, six mois après le début du conflit en Ukraine.

“Sur le champ de bataille, une guerre d’usure se déroule le long d’une ligne de front de 1 000 kilomètres de morts et de destructions.” Mais “au-delà”, un “combat économique d’une férocité et d’une ampleur inégalées depuis les années 1940” fait rage. Un “arsenal de sanctions” dressé par les nations occidentales “tente de paralyser l’économie russe”. Alors que “l’efficacité de cet embargo est la clé de l’issue de la guerre en Ukraine”, ce conflit-là “ne se déroule pas aussi bien que prévu”, souligne l’hebdomadaire britannique.

La moitié des réserves monétaires gelées

Depuis février, les entreprises, les oligarques, l’État et les citoyens russes font face à un “barrage sans précédent d’interdictions” décidé par les États-Unis, l’Europe et leurs alliés. “La moitié des 580 milliards de dollars de réserves monétaires de la Russie est gelée et la plupart de ses grandes banques sont coupées du système mondial de paiement.” Le pays subit un embargo sur ses exportations de pétrole, déjà effectif avec les États-Unis, et qui le sera en février pour l’Europe.

À court terme, ces mesures étaient supposées “déclencher une crise de liquidité et déstabiliser la balance des paiements en Russie qui rendrait difficile le financement de la guerre en Ukraine”. À long terme, il s’agissait d’“affaiblir la capacité de production et la technologie de la Russie”. Et cet arsenal permettait à l’Occident d’“exercer son pouvoir grâce à son contrôle des réseaux financiers et technologiques au cœur de l’économie du XXIe siècle”.

Certes, “l’isolement de la Russie des marchés occidentaux causera des ravages dans le pays”. D’ici à 2025, par exemple, “un cinquième des avions civils pourraient être immobilisés au sol faute de pièces détachées”. Mais “le problème, c’est que le coup de grâce ne se fait pas sentir”. Le FMI prévoit que le PIB du pays “diminuera de 6 % en 2022, soit bien moins que la baisse de 15 % à laquelle beaucoup s’attendaient en mars”. Ses exportations de gaz et de pétrole bénéficient à plein de la flambée des prix de l’énergie et “généreront un excédent de la balance courante de 265 milliards de dollars cette année, le deuxième plus important du monde après la Chine”. La banque centrale a réussi à stabiliser le rouble alors que l’Europe fait face à une crise de l’énergie qui “pourrait déclencher une récession”.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :