Salvador: la stratégie du président Bukele face aux gangs criminels

En Amérique centrale, les gangs tirent profit de l'épidemie de Covid-19, qui monopolise l'attention des autorités. Au Salvador, le nombre d'homicides quotidien a explosé. En réponse à cette nouvelle montée de violence, le président Nayib Bukele a annoncé plusieurs mesures dimanche 26 avril, notamment celle de mélanger les membres des différents gangs dans les prisons afin de limiter leur capacité à planifier leurs actions à l'extérieur.

Les prisons du Salvador sont aujourd'hui en état d'urgence. Trop d'homicides auraient été organisés depuis leurs cellules. Vendredi 24 avril, 22 personnes ont été tuées par les gangs dans les rues du pays. C'est le bilan le plus élevé du gouvernement de Nayib Bukele.

La solution pour le président est donc de mettre fin au regroupement des prisonniers selon le groupe armé auquel ils appartiennent. Cette règle avait été mise en place en 2002 pour réduire les affrontements intergangs à l'intérieur des prisons.

Reprendre le dessus sur les gangs

« Dès ce moment, nous allons travailler à la mise en place d'un nouveau régime pénitentiaire dans tous les centres pénitentiaires du pays », a tweeté Osiris Luna Meza, vice-ministre de la Justice en charge des prisons, ce lundi 27 avril. Ce tweet faisait suite à une longue série de messages sur Twitter sur la reprise en main des prisons par le pouvoir.

Mais aujourd'hui, l'urgence est de reprendre le dessus sur des terroristes qui ont profité de la situation, a expliqué le président. Actuellement, la majorité des forces de sécurités sont en effet concentrées sur le contrôle de l'épidémie de Covid-19.

Du point de vue de la Commission des droits de l'homme salvadorienne cette mesure est risquée. C'est une bombe à retardement qui pourrait amener à une explosion d'homicides ciblés ou même collectifs derrière les barreaux.

Le président Bukele est surnommé « le dictateur » sur les réseaux sociaux. Pour faire face à la violence héritée de la guerre civile dans le pays, il a opté pour une politique de la force militaire que beaucoup désapprouvent.

 ►À lire aussi: Les Maras, un casse-tête pour le gouvernement salvadorien