Salvador: Amnesty International alerte sur les menaces persistantes sur les droits humains

Les violations des droits de l'homme vont « se poursuivre », voire s'aggraver au Salvador avec le nouveau mandat du président Nayib Bukele si l'état d'urgence est maintenu pour combattre les gangs, a averti Amnesty International ce mercredi 27 mars, jour marquant les deux ans de ce régime. Le 27 mars 2022, Nayib Bukele avait déclaré une « guerre » sans merci aux gangs contrôlant une bonne partie du pays.

Selon de nouveaux chiffres officiels publiés le 26 mars, plus de 78 000 membres présumés de gangs ont été arrêtés en deux ans et 3 939 armes à feu ainsi que 8 000 véhicules saisis au Salvador. « Cette guerre contre ces terroristes va continuer », a assuré à la télévision publique le ministre de la Justice et de la Sécurité, Gustavo Villatoro.

Dans un communiqué, Amnesty International évoque « la possibilité, durant le deuxième mandat du président Bukele, d'un approfondissement de la crise des droits humains observée ces deux dernières années ». « Si le cap n'est pas corrigé, l'instrumentalisation du processus pénal et l'instauration d'une politique de torture dans le système pénitentiaire pourraient se perpétuer », ajoute l'organisation dans un communiqué. « Il est impossible de réduire la violence des gangs en la remplaçant par la violence étatique. »

Selon Amnesty, les ONG locales comptabilisent « 327 cas de disparitions forcées » et « une suroccupation carcérale d'environ 148% », avec « au moins 235 morts en détention ».


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