Le salon Livre Paris passage obligé des candidats à l'Elysée

Alain JEAN-ROBERT
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Le candidat de "La France insoumise" Jean-Luc Mélenchon dédicace son dernier livre "De la vertu" au salon Livre Paris, à Paris le 24 mars 2017

Paris (AFP) - Pas moins de trois prétendants à l'Elysée ont arpenté vendredi les allées du salon Livre Paris illustrant, chacun à sa manière, qu'on ne peut, en France, vouloir diriger le pays sans afficher son amour des livres.

Jean-Luc Mélenchon, Emmanuel Macron et, plus discrètement, Nicolas Dupont-Aignan ont été les premiers à ouvrir le bal en attendant, peut-être dimanche, le candidat socialiste Benoît Hamon.

"Ca ressemble de plus en plus au salon de l'Agriculture", persifle un visiteur gêné par la cohue provoquée par la venue des candidat.

Ce vendredi, premier jour d'ouverture au public du plus grand salon littéraire de France, c'est la journée des scolaires. Quelque 12.000 écoliers, essentiellement des lycéens, se réjouissent de voir "pour de vrai" des candidats aperçus à la télé.

Spécificité purement française: la quasi-totalité des candidats écrivent. Avec ses 14 titres rédigés depuis 1991, Jean-Luc Mélenchon est loin devant tous ses rivaux. Auteur prolifique, c'est aussi un auteur qui vend presque à l'égal d'un Goncourt.

"L'avenir en commun" s'est écoulé à quelque 250.000 exemplaires se félicite son éditeur, le patron du Seuil, Olivier Bétourné.

Au nombre d'ouvrages publiés, le candidat de la France insoumise devance Nicolas Dupont-Aignan, auteur de onze livres. Emmanuel Macron ne peut revendiquer qu'un ouvrage mais peut se targuer de l'avoir vendu à environ 130.000 exemplaires.

Au salon, Jean-Luc Mélenchon et Nicolas Dupont-Aignan ne résistent pas au plaisir de signer leurs propres livres. Pas de dédicaces pour Emmanuel Macron, entouré par un service d'ordre aussi imposant que nerveux, mais bain de foule digne d'une rock-star.

Tous les candidats ont été interrogés par le Syndicat national de l'édition (SNE), le syndicat professionnel des éditeurs, concernant leur politique à l'égard du livre.

- Prix unique et droit d'auteurs -

Presque tous, à l'exception notable de Marine Le Pen qui par ailleurs n'a pas annoncé une visite au salon, ont répondu au questionnaire.

Au vu des réponses, consultées par l'AFP, un certain consensus se dégage notamment concernant le prix unique du livre (en vigueur depuis 1981) et la défense du droit d'auteurs.

"Les droits d'auteurs sont au centre du maintien et de la diversité de création", affirme ainsi Jean-Luc Mélenchon. "Le marché du livre est relativement préservé en comparaison d'autres industries culturelles. Il n'en faut pas moins veiller à conforter résolument les piliers de la politique du livre en garantissant l'intégrité du droit d'auteur, le maintien du prix unique du livre et du taux de TVA réduit", insiste pour sa part Emmanuel Macron.

Le candidat des Républicains, François Fillon, ne compte pas se rendre au salon mais il a répondu au questionnaire du SNE. La chaîne du livre "repose sur des piliers que sont le prix unique du livre, imprimé et numérique, la défense de la diversité culturelle, de la langue française, du droit et de la rémunération des auteurs, du taux de TVA réduit", a-t-il résumé. "La première de mes actions sera de veiller à ce que cet équilibre ne soit pas rompu", a-t-il promis.

"Il est indispensable de pérenniser le système de financement du livre", a insisté de son côté le socialiste Benoît Hamon.

Dans une tribune publiée dans le Huffington Post, Benoît Hamon a reconnu que tous les candidats défendaient peu ou prou la même politique quand il s'agissait de "préserver l'exception culturelle et le prix unique du livre".

"Tous les candidats vous diront que face aux défis technologiques, il faut défendre les auteurs, les financements de la création et les librairies. Que c'est comme cela que la chaîne du livre pourra être préservée et se développer. Moi aussi je le dis, parce que c'est fondamental".

"Tous les candidats reconnaissent que le prix unique, la défense du droit d'auteur sont des éléments absolument clés et personne ne veut les remettre en cause", confirme à l'AFP le président du SNE, Vincent Montagne.

"Les industries culturelles et créatives constituent une des forces de la France. Plutôt que d'insister sur l'exception culturelle qui apparaît défensive, nous devons nous montrer offensif sur la culture", a-t-il ajouté.

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