Salon du bio à Madagascar: les huiles essentielles ont la cote

Le tout premier salon biologique à Madagascar a fermé ses portes hier, samedi 30 novembre. Pendant trois jours, dans la capitale Antananarivo, les acteurs du secteur ont pu se rencontrer et mieux faire connaître cette filière qui attire de plus en plus les clients et les importateurs. L’un des produits en plein essor qui séduit les pays étrangers, les huiles essentielles bio.

Les huiles essentielles connaissent un vrai boom. « La plus forte croissance, nous l’avons vu dans les huiles essentielles : plus 450% les trois dernières années, nous explique Gaëtan Etancelin. La phytothérapie, c’est vraiment un marché en plein essor et ce n’est plus un marché de niche. C’est un nouveau mode de vie qui est en train de s’opérer aux Etats-Unis, en Europe, au Japon et tout récemment en Chine ».

Gaëtan Etancelin est le président du Syndicat malgache de l’agriculture biologique, co-organisateur du salon. Dans les allées, la plupart des stands proposent des huiles essentielles : ravintsara, gingembre ou encore ylang ylang. Certaines certifiées du label Ecocert, d’autres -même si elles sont qualifiées de bio- n’ont pas encore le fameux sésame, très demandé par les clients. « Structurellement, nous n’arrivons pas à suivre la demande, poursuit Gaëtan Etancelin, alors tous les membres du syndicat aujourd’hui refusent des clients parce que nous n’avons pas assez de production ».

Une demande difficile à satisfaire notamment à cause du coût de la certification, explique Henristique Randriamahafaly, producteur et exportateur d’huiles essentielles. L’année dernière il n’a exporté que deux tonnes d’huile de ravintsara bio vers la France et la Hollande. « Seul le ravintsara est certifié bio dans notre entreprise et nous payons 5 800 000 ariary (NDLR : 1500 euros) par an, donc c’est très cher, surtout que le prix de l’huile de ravintsara est en baisse. Nous plantons aussi du gingembre, du niaouly et du poivre et les acheteurs me disent qu’il faut que nous certifiions en bio nos plantations. Pour le moment je n’arrive pas à satisfaire la demande. Nous aimerions renégocier avec les certificateurs pour baisser ces coûts ou faire des grilles de certificat ».

Des certifications que le Syndicat Malgache de l’Agriculture Biologique veut rendre plus accessibles. « Nous travaillons avec le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche pour essayer justement d’aider les agriculteurs qui veulent avoir le label bio avec des subventions à hauteur de 50% sur les trois premières années », précise encore Gaëtan Etancelin.

Les autorités se sont récemment penchées sur ce secteur prometteur. Une loi sur l’agriculture biologique a été examinée en conseil des ministres la semaine dernière.