Les salariés de Whirlpool à Amiens en seraient-ils là si Macron ou Le Pen était déjà au pouvoir?

Jean-Baptiste Duval
Ce qui a changé depuis la présidentielle dans l'usine Whirlpool d'Amiens où Emmanuel Macron se rend ce mardi.

INDUSTRIE - Un bain de foule pas comme les autres. Ce 26 avril, l'usine Whirlpool d'Amiens s'est retrouvée au cœur de la campagne électorale un peu malgré elle. Fin janvier, le groupe américain a annoncé sa fermeture pour 2018 et la délocalisation de sa production en Pologne.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont chacun à leur tour rendus sur site. La première accueillie par des sourires et des selfies, est restée 20 minutes sans parler programme, se contentant d'un communiqué après coup, le second par des sifflets au milieu d'une mêlée confuse, mais passant près d'une heure à discuter et débattre avec les ouvriers et François Ruffin.

Après Goodyear, après Alstom, l'histoire du déclin de Whirlpool est le dernier symbole du désarroi des ouvriers de France. Une main d'oeuvre trop chère pour des produits pas assez haut de gamme, durement concurrencée par l'Allemagne ou l'Espagne, facilement délocalisable dans les pays à moindre coût comme la Pologne.

La visite-éclair de la candidate du Front national n'était pas annoncée, même si des militants FN se trouvaient sur le site bien avant son arrivée. Pourtant, Marine Le Pen détient-elle la "solution miracle" que son rival refuse de promettre? Les mesures raisonnables d'Emmanuel Macron ont-elles une chance de changer la donne? Voici les clés pour comprendre un dossier complexe.

Délocalisation et échec commercial, un déclin industriel de plus de dix ans

La fermeture de Whirlpool d'Amiens est l'histoire d'un lent déclin, que les salariés ont vu venir de loin. Une guerre des nerfs qui explique sans mal qu'ils soient à cran aujourd'hui. En 2002, la production de lave-linge a déjà été délocalisée, ne laissant à Amiens que les sèche-linges.

Whirlpool n'a jamais cessé d'investir dans le site, mais rien n'y a fait. Le nombre d'employés est passé de 800 à 300 en dix ans, selon France 3 Hauts-de-France. La production est progressivement concentrée sur le moyen-haut de gamme. Un modèle high tech censée relancer le site à...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post



En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages