Salafisme : le cas de la mosquée As-Sounna à Marseille

Jean-Michel Décugis, Jérémie Pham-Lê et Éric Pelletier
Selon le ministère de l’Intérieur, une dizaine de jeunes qui fréquentaient cette mosquée seraient partis en Syrie

Sa fermeture illustre les tensions grandissantes entre le courant salafiste et les autorités.


C’était un lieu de culte emblématique des Bouches-du-Rhône. En décembre dernier, As-Sounna a été fermée pour six mois par le préfet du département en vertu de la loi SILT, instaurant dans le droit commun des dispositions de l’état d’urgence. « Aux seules fins de prévenir » des actes de terrorisme, celle-ci autorise la fermeture provisoire d’un lieu de culte si des « propos qui sont tenus, les idées ou théories qui sont diffusées ou les activités qui se déroulent provoquent à la violence, à la haine ou à la discrimination ».

« Le salafisme contrevient à la culture française, notamment au travers de sa vision des relations hommes femmes », insiste un ex-agent du Renseignement territorial, délégué syndical VIGI police.


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Selon le ministère de l’Intérieur, une dizaine de jeunes qui la fréquentaient seraient partis en Syrie. As-Sounna concentrerait par ailleurs la quasi-totalité des verbalisations pour dissimulation illégale du visage dans un espace public (port du niqab). Son imam, El Hadi Doudi, 64 ans, aurait légitimé la mise à mort des auteurs d’adultère et d’apostats, aurait fait « l’apologie permanente du djihad armé » tout en condamnant en public le terrorisme, étendant son influence sur une vingtaine de mosquées en France. Le 20 avril dernier, il a été expulsé vers Algérie.

La mairie vient de préempter les locaux

Selon une source au sein du ministère de l’Intérieur, la mairie de Marseille vient de préempter les locaux de la mosquée afin de prévenir toute réouverture. Pour Me Philippe Pérollier, l’avocat chargé de défendre les intérêts de l’association cultuelle, ces fermetures administratives « peuvent porter atteinte à la liberté religieuse et d’expression ».


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