Sainz mis en examen pour exercice illégal de la médecine

Bernard Sainz (photo), mis en cause à de multiples reprises dans des affaires de dopage dans le monde sportif, notamment dans le cyclisme, a de nouveau été mis en examen, pour exercice illégal de la médecine et de la profession de pharmacien, a-t-on appris mercredi de source judiciaire. /Photo d'archives/REUTERS/ Gonzalo Fuentes

PARIS (Reuters) - Bernard Sainz, mis en cause à de multiples reprises dans des affaires de dopage dans le monde sportif, notamment dans le cyclisme, a de nouveau été mis en examen, pour exercice illégal de la médecine et de la profession de pharmacien, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.

Il est également poursuivi pour aide et incitation à l'utilisation par des sportifs de substances ou méthodes dopantes interdites en récidive légale.

Un juge des libertés et de la détention saisi par le juge d'instruction chargé du dossier a décidé de le placer en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet, ajoute-t-on de même source.

Bernard Sainz avait été arrêté lundi à son domicile de l'Orne et placé en garde à vue.

Ce nouvel épisode dans la longue carrière de celui qu'on a surnommé "Dr Mabuse", du nom d'un sulfureux personnage du cinéaste Fritz Lang, s'inscrit dans le cadre d'une information judiciaire ouverte contre X le 10 février 2017.

Une enquête préliminaire, qui a abouti à cette information judiciaire, avait été ouverte après la diffusion en 2016 par France 2 d'un reportage tourné en caméra cachée pour l'émission Cash investigation de France 2.

Ce reportage montrait cet homme en train de fournir contre paiement en liquide des protocoles de dopage à des cyclistes et vendre une petite fiole à l'un d'entre eux.

Placé sur la liste noire de l'Union cycliste internationale (UCI), Bernard Sainz se présente comme un "soigneur" ou un "homéopathe" mais ne possède aucun diplôme de médecin.

Il a notamment été condamné en appel en 2014 à deux ans de prison dont 20 mois avec sursis pour détention de substances vénéneuses et de produits dopants, exercice illégal de la médecine et aide à l'utilisation de produits dopants.

En septembre dernier, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Caen à neuf mois de prison ferme et 20.000 euros d’amende pour incitation au dopage dans le monde du cyclisme amateur et semi-professionnel. Une condamnation contre laquelle il a fait appel.

Son nom était apparu pour la première fois en 1986 dans une affaire de trafic d'amphétamines. Il a également été visé en 2005 par une enquête sur un dopage présumé de chevaux de course.


(Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse)