Les Saintes-Maries-de-la-Mer, dernier village confiné de France

Par Michel Colomès
Le représentant de l’État est resté inflexible : jusqu’au 27 mai, le village des Saintes-Maries-de-la-Mer restera hors limite

La crainte de débordements de Gitans privés de leur pèlerinage et les décisions arbitraires du préfet ont transformé la capitale de la Camargue en no man's land.

Pour quelques jours encore, si vous franchissez le pont du Sauvage ou empruntez la départementale venant d'Arles pour aller en Camargue, vous devrez affronter un barrage de gendarmerie et y montrer patte blanche. Moins pour y justifier que vous ne vous êtes pas éloigné de votre domicile de moins de 100 km, comme partout en France, mais pour attester, carte grise ou justificatif de domicile à l'appui, que vous habitez bien aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Le périmètre de la commune, l'une des plus étendues de France, est en effet interdit aux « étrangers. »

L'origine de cette mise à l'écart du reste du monde vient de ce que cette semaine du 23 au 26 mai est, depuis 85 ans, le moment du pèlerinage des Gitans, Tziganes et Roms venus non seulement de France, mais de toute l'Europe pour vénérer leur sainte patronne, Sara, servante de Marie Jacobé, sœur de Marie, mère de Jésus, et de Marie Salomé, mère de saint Jacques, dont la tradition chrétienne dit que leur barque, venue de terre sainte s'est échouée sur ces rivages, il y a plus de deux mille ans. Chaque année, ce sont près de 20 000 gens du voyage qui affluent aux Saintes-Maries, pour assister à la procession de la chasse contenant les reliques des saintes, dans les rues du village et jusqu'à la mer pour y commémorer le lieu où elles ont touché terre après avoir échappé aux périls de la mer.

C'est un crève-cœur, (…) mais il n'est pas question de prendre des risques

Covid-19 oblige, Roland Chassain, le maire des Saintes-Maries, avait pris dès la fin mars la décision d'annuler le pèlerinage. Un rassemblement de cette importance en pleine épidémie était, en effet, inconcevable. D'autant qu'il s'accompagne toujours de rencontres, de fêtes, de libations et parfois de débordements. Prévenu par la municipalité, (...)

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