Saint-Ouen : le monde des antiquités et des brocantes au ralenti

La renaissance des puces commence par un tour de clef. Bernard Riconti fait partie des 2 000 marchands qui travaillent aux puces de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis). Jamais son rideau n’était resté baissé aussi longtemps. Pour lui, "c’est une libération". Mais depuis leur réouverture, les puces ne sont plus le joyeux bazar habituel. Nombre de visiteurs limité, port du masque, produits désinfectants… La préfecture de Seine-Saint-Denis impose un règlement strict. De quoi désarçonner certains acheteurs au moment de négocier. Ventes en ligne et visites virtuelles Dans les allées, ce n’est pas la foule des grands jours. Les visiteurs étrangers ont déserté les lieux, au grand dam des brocanteurs. Américains, Russes ou Asiatiques assurent une bonne part du chiffre d’affaires des puces : environ 400 millions d’euros annuels. C’est donc une clientèle principalement française que retrouvent petit à petit les brocanteurs. Pour pallier ces mois d’arrêt forcé, une brocanteuse a reçu une aide gouvernementale de 1 500 euros mensuels. Faute de nouveaux achats, elle a dépoussiéré et restauré ses réserves de mobilier. Danielle Pelletier est guide accompagnatrice. Elle travaille pour une agence américaine. En temps normal, elle promène sa clientèle étrangère à travers les puces. Aujourd’hui, via son téléphone portable, elle mène ses visites en direct, avec ses interlocuteurs installés chez eux, aux États-Unis. Mais le but reste le même : convaincre les clients d’ouvrir leur porte-monnaie, même à l’autre bout de la planète.