Saint-Étienne: une plainte pour chantage à la sextape gay au sein de la mairie

Gaël Perdriau en 2014 - @AFP
Gaël Perdriau en 2014 - @AFP

C'est une affaire qui secoue la ville de Saint-Étienne depuis quelques jours. Et qui met son équipe municipale dans la tourmente. Selon une enquête publiée par Mediapart vendredi 26 août, le premier adjoint centriste de la ville entre 2014 et 2022, Gilles Artigues, a été victime d'un chantage à la vidéo intime, orchestré au sein même de la majorité. Auprès de France Bleu Saint-Étienne Loire et du journal Le Monde, l'avocat de Gilles Artigues annonce ce lundi qu'une plainte a été déposée pour "guet-apens en bande organisée".

D'après Mediapart, Samy Kéfi-Jérôme, élu de la majorité municipale et son compagnon de l’époque, Gilles Rossary-Lenglet auraient organisé en 2014 un rendez-vous entre Gilles Artigues et un escort boy. Ils auraient par la suite placé une caméra dans la chambe d'hôtel du rendez-vous, afin de faire chanter l’élu centriste et "contenir son influence politique" à Saint-Étienne. Une version corroborée par l'avocat de Gilles Artigues, André Buffard.

"Ensuite, la personne qui a enregistré cette vidéo ne l'a pas utilisée tout de suite. Il a fallu attendre 18 mois pour qu'il convoque Gilles Artigues chez lui, pour lui montrer la vidéo. A partir de ce moment-là, on lui a dit que s'il ne faisait pas ce qu'on lui demandait, la vidéo serait publiée", explique maitre André Buffard sur France Bleu.

"Soulagement" de Gilles Artigues

Joint par le site d'investigation, Samy Kéfi-Jérôme, qui est également conseiller régional en Auvergne-Rhône-Alpes, reconnaît l’existence de cette vidéo, mais n'a pas souhaité en dire davantage, au nom de la protection de sa "vie privée". En revanche, son ex-compagnon Gilles Rossary-Lenglet est lui, bien plus explicite sur l'affaire, assurant avoir à l'époque "tout géré depuis Saint-Étienne".

"Samy a payé sur place l’escort", selon lui.

Ce lundi, l'avocat de Gilles Artigues exprime le "soulagement" de son client à la suite de la diffusion de l'enquête.

"Il est soulagé que l'affaire ait été révélée publiquement", assure maître André Buffard. "Parce que ça fait des années qu'il subit ce chantage et comme souvent, les gens qui subissent des chantages, il y a un sentiment de culpabilité et une impossibilité de révéler les choses".

Le maire de Saint-Étienne "conteste fermement toute notion de chantage"

L'équipe municipale de Saint-Étienne est directement citée dans cette affaire, y compris le maire Les Républicains, Gaël Perdriau. Dans les colonnes de France Bleu, l'avocat de Gilles Artigues confirme que son client a fait part à l'édile de l'existence du chantage, "dès 2016". Une plainte sera d'ailleurs également déposée sur ce volet, Gaël Perdriau n'ayant pas fait le choix de saisir le procureur de la République pour dénoncer les faits à l'époque.

Sollicité par Le Monde, le samedi 27 août, Gaël Perdriau affirme vouloir "comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce dossier" mais "conteste fermement toute notion de chantage qui serait liée aux décisions que Gilles Artigues a prises récemment au sein de l’équipe municipale".

Dans un post Facebook publié lundi matin, Gilles Artigues assure que la "machination" dont il a été victime lui a "pourri la vie" jusqu'à ce qu'il pense au suicide. "Cette vie qui est si belle et que j'ai plusieurs fois songé à quitter, tant j'étais désespéré", écrit-il.

Article original publié sur BFMTV.com