Sabra et Chatila: 40 ans après, retour sur un massacre impuni

Pendant quarante heures, entre le 16 et le 18 septembre 1982, des centaines de civils palestiniens, en majorité des femmes et des enfants, sont massacrés dans les camps de Sabra et de Chatila. Quarante ans après, on en sait un peu plus sur ce carnage pour lequel personne n’a jamais été condamné.

Le 17 septembre 1982 au matin, une clameur inquiétante se propage dans les quartiers entourant les camps palestiniens de Sabra et de Chatila, au sud de Beyrouth.

Des femmes, des enfants et des personnes âgées affluent dans un grand désordre dans ces régions peuplées à majorité de Libanais. Le regard hagard, la voix tremblante d’émotion, ils jurent qu’un carnage se déroule dans ces camps laissés à eux-mêmes après l’évacuation des derniers combattants de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine) par voie de mer le 25 août, et le retrait, le 11 septembre, de la force multinationale, composée d’Américains, de Français et d’Italiens.

Les habitants des quartiers où sont accueillis les Palestiniens ont du mal à croire les récits effrayants racontés par des civils encore sous le choc. Quelques heures plus tard, l’épouvantable vérité éclate au grand jour, étayée par les témoignages de survivants.

Dans l’après-midi, tandis que la tuerie se poursuit dans certains secteurs, les premiers journalistes, dont des Européens, pénètrent à Chatila. Les scènes qu’ils immortalisent dans leurs photographies ou leurs écrits sont insoutenables. Les rues sont jonchées de cadavres d’enfants, de femmes et d’hommes. Certains ont les poings et les chevilles liés, d’autres, surpris dans leur sommeil, sont en sous-vêtements ou en pyjama.

Des corps mutilés à l’arme blanche


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