Les sables du Sahara font voyager le césium

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Des épidodes venteux ont répandu sur le continent des éléments radioactifs provenant des essais nucléaires menés depuis la Seconde guerre mondiale.

Cet article est issu du magazine Sciences et Avenir - La Recherche n°890 daté avril 2021.

Des teneurs en radioactivité dans l'air parfois multipliées par 11 par rapport à la même période de l'année précédente ! C'est ce qui a été enregistré à la suite des trois épisodes de vent du sud de février. En cause ? Le césium 137 présent dans les sables du Sahara charriés dans les airs, qui ont par trois fois teinté le ciel européen d'une couleur ocre. La présence de ces éléments radioactifs a vite été attribuée aux essais nucléaires français en Algérie, mais, en réalité, "ils proviennent plutôt de ceux des États-Unis et de l'URSS, qui représentent 95 % des dépôts de césium sur la planète", corrige Philippe Renaud, chercheur à l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). En effet, 543 essais nucléaires atmosphériques se sont déroulés entre 1945 et 1963, date d'entrée en vigueur du traité d'interdiction de l'explosion de ces bombes (non signé par la France).

Un risque sanitaire jugé faible

La guerre froide a ainsi laissé des traces qui perdureront encore 250 ans, le temps que ces radioéléments perdent toute activité. De fait, le césium 137 est présent partout dans l'hémisphère Nord, là où la majorité des essais ont été réalisés. Là aussi où a explosé la centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl, autre source de césium. En 1986, le nuage provoqué par l'accident a parcouru toute l'Europe, les pluies déposant des particules de quelques micromètres. "Ainsi, le césium retrouvé en Bretagne est en majorité issu des essais, tandis que celui d'Alsace provient de Tchernobyl", poursuit Philippe Renaud.

Ces dépôts présents dans tous les sols profitent ainsi de la moindre occasion pour reprendre leur voyage aérien. L'érosion éolienne du Sahara donc, mais aussi celle plus proche des terres labourées non protégées par les végétaux, et les feux de cheminées ! "Les plantes absorbent les radionucléides, c'est pourquoi il est interdit de manger des légumes et des fruits après[...]

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