Sabine Prokhoris : « La promesse d’un paradis féministe est une illusion »

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Une manifestation féministe à Bordeaux le 8 mars 2021.
Une manifestation féministe à Bordeaux le 8 mars 2021.

Sabine Prokhoris n?a pas froid aux yeux. La psychanalyste et philosophe, qui a peu apprécié le mouvement #MeToo, a décidé de le faire savoir sous la forme d?une démonstration minutieuse mais passionnée. Dans Le Mirage #MeToo (Le Cherche Midi), elle cible, par un ton enlevé et parfois même emporté, un mouvement dont l?ambition bénéfique cache selon elle une volonté de puissance destructrice.

Difficile d?accuser cette féministe inclassable ? qui défend dans le même temps la gestation pour autrui (GPA) ? de conservatisme. Mais il est sûr que celle qui avait déjà su démonter avec brio, dans Au bon plaisir des « docteurs graves » (Puf, 2017), la philosophie de Judith Butler, figure de proue des études de genre, ne goûte guère le féminisme à tendance vengeresse.

Le Point : Certains ont loué #MeToo. D?autres ont critiqué ses « dérives ». De votre côté, vous vous distinguez par une condamnation sans appel du mouvement dans son entièreté. Pourquoi ?

Sabine Prokhoris : C?est plutôt contre-intuitif en effet. En me mettant vraiment au travail ? en allant « au fond de la mine », comme dit Foucault ?, et donc en dépliant, pour les analyser, les logiques intellectuelles de #MeToo et leurs conséquences, je me suis aperçue qu?il s?agissait d?un mouvement structurellement vicié, de nature totalitaire : une « révolution culturelle » revendiquée, visant à fabriquer le meilleur des mondes « féministe ». Il s?inscrit d?ailleurs dans une mouvance plus vaste, celle des luttes dites [...] Lire la suite

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