Une série de braquages de banques au Liban, plongé dans la crise financière

C'est un symptôme de la profonde crise économique et financière que traverse le Liban : le pays a été le théâtre depuis mercredi d'une série de sept braquages, dont cinq pour la seule journée de vendredi.

A Beyrouth, un homme s'est enfermé dans une succursale pour exiger le retrait de ses économies gelées. Interrogé par un journaliste, il a expliqué qu'il ne partirait pas tant qu'il n'aurait pas reçu son argent. L'individu a finalement été arrêté.

La plupart des auteurs de ces braquages sont de simples citoyens libanais ayant besoin désespérément d'argent, parfois pour soigner un proche malade.

Mercredi, une femme avait ainsi pris d'assaut une banque de Beyrouth pour récupérer ses économies bloquées afin de payer les frais d'hospitalisation de sa sœur atteinte d'un cancer. Son histoire a ému le pays et a eu un effet boule de neige.

Pour faire face aux difficultés financières, les banques imposent aux épargnants des restrictions draconiennes. Elles empêchent ainsi les clients de retirer leurs économies, en particulier en devises étrangères, surtout des dollars.

La principale association des épargnants libanais a exprimé son soutien aux auteurs de ces braquages, affirmant qu'ils étaient confrontés à "l'injustice et à l'oppression".

Face à la multiplication des incidents, le ministre de l'Intérieur a tenu une réunion d'urgence "pour prendre les mesures sécuritaires nécessaires". De son côté, l'Association des banques du Liban (ABL) a ordonné la fermeture de toutes les succursales pendant trois jours la semaine prochaine.

Avec AFP