La sénatrice Benbassa se "met en retrait" du groupe écologiste après des accusations de harcèlement

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La sénatrice Europe Ecologie Les Verts Esther Benbassa lors d'un congrès à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis, le 30 novembre 2019

La sénatrice EELV Esther Benbassa a annoncé jeudi soir se mettre "en retrait" du groupe écologiste du Sénat dont elle est la vice-présidente, après des accusations de harcèlement par des anciens collaborateurs cités dans une enquête de Mediapart.

"En accord avec le groupe, je me mets en retrait jusqu'en septembre", a annoncé Mme Benbassa à l'AFP à l'issue d'une réunion du groupe, convoquée à la suite de l'article du média en ligne.

"Esther Benbassa se met en retrait du groupe le temps d’étudier les suites à donner conformément à notre règlement intérieur", a pour sa part indiqué le groupe Ecologiste, Solidarité et Territoires dans un communiqué.

"Nous prenons toute la mesure des accusations portées", ajoute le groupe. "Les témoignages d’anciens collaborateurs et collaboratrices de la sénatrice sont extrêmement graves et traduisent une grande souffrance au travail. Nous leur apportons tout notre soutien".

Dans son enquête, Mediapart rapporte les témoignages de huit anciens collaborateurs et six anciens étudiants que l'élue employait à l'École pratique des hautes études.

Tous évoquent un climat de "terreur" instauré par la sénatrice, fait de pressions, de chantage à l'emploi et d'humiliations systématiques, souvent à l'occasion de mails, individuels ou collectifs, et de SMS consultés et retranscrits en partie par Mediapart.

Une ancienne collaboratrice l'accuse en particulier d'avoir tenté de lui faire reporter une opération médicale importante aux poumons sous prétexte d'un agenda politique chargé au moment de la réforme des retraites, en 2020.

Un autre lui reproche d'avoir fait pression pour qu'il vienne travailler au cabinet en plein confinement et alors que les règles du Sénat stipulaient que la présence sur place ne devait être qu'exceptionnelle.

Conséquence de cette gestion, le turn-over des collaborateurs a été très important, puisque plus de 18 assistants parlementaires ont été employés en deux mandats, décompte Mediapart.

"J'ai pu moi-même commettre des erreurs, sans parfois m'en rendre compte. On me dit humaine, voire chaleureuse, mais je sais qu'il m'arrive aussi d'être directe. Je ne suis pas à l'abri de mouvements d'humeur", a réagi la sénatrice dans un communiqué jeudi après-midi.

"Mais si je suis exigeante, je suis également soucieuse de valoriser le travail et les efforts de mes collaborateurs et collaboratrices", a-t-elle ajouté présentant ses "excuses" à "ceux et à celles que j'ai pu blesser".

Elle a contesté "avoir sciemment et délibérément choisi de mettre la santé de (ses) salarié.e.s en danger".

Dans un communiqué de "soutien aux victimes de harcèlement", le syndicat CGT des collaborateurs parlementaires a souligné que "la profession, du fait de son lien avec la politique et les rapports de pouvoir, est bien souvent trop entachée par ce type de violence".

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