Sénégal: remous au sein de la coalition Yewwi Askan Wi en vue des législatives

Au Sénégal, alors que les deux principales coalitions de l’opposition viennent de conclure une alliance pour les législatives du 31 juillet face au régime du président Macky Sall, les investitures provoquent des remous. Plusieurs partis et mouvements membres de Yewwi Askan Wi, la coalition créée autour d’Ousmane Sonko et Khalifa Sall, dénoncent ce vendredi des « calculs politiciens » et une procédure « antidémocratique » dans la constitution des listes.

Avec notre correspondante à Dakar, Charlotte Idrac

« Un esprit stalinien, clanique, de copinage » a fait qu’une « minorité s’est arrogée la totalité des postes électifs », selon les neuf formations politiques membres de Yewwi Askan Wi.

Parmi les signataires, il y a l’ancien ministre Moustapha Guirassy qui s'agace : « La charte a été bafouée ! Si nous ne sommes pas en mesure de respecter nos accords au sein de notre coalition, ne me faites pas espérer autre chose. Il faut que l'on revienne aux fondamentaux de la coalition Yewwi Askan Wi. il faut moins d'égo et accepter les remarques, la démocratie interne. C'est comme ça que l'on peut bâtir une coalition forte. »

Certains responsables accusent directement Khalifa Sall, l’ancien maire de Dakar, l’un des leaders de Yewwi Askan Wi. Pour Aida Niang, du parti Bess Du Nak, il ne s’agit pas « de frustrations », mais d’« incompréhensions ». Elle dénonce un « mépris » : « Il y a des principes de concertation, de co-construction, de co-élaboration qui ont été à la base de la mise en place de la coalition de Yewwi Askan Wi. Et nous nous sommes réveillés, un beau jour, nous avons vu que le principe même de dire que la prochaine législature allait être de qualité a été biaisé et trahi. »

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Même incompréhension pour la plateforme « Avenir Senegaal Bi Nu Begg ». Ses responsables, Cheikh Tidiane Dièye et Ndèye Fatou Diop Blondin ont été « relégués » aux 28 et 29e places de la liste nationale Yewwi Askan Wi. Ils parlent d’un procédé « inique et injuste », tout en réaffirmant leur ancrage dans la coalition.

Le dossier de Fadel Barro du Jammi Gox Yi recalé

Malaise aussi du côté de Wallu Sénégal, formée autour du PDS. Se sentant « humilié », le désormais ex-responsable de la communication Mayoro Faye a claqué la porte du parti, tout comme le député Cheikh Mbacké Barra Dolly.

Avant l’examen des candidatures, la direction générale des élections poursuit le contrôle des parrainages, jusqu’à mardi. Certains dossiers ont déjà été recalés, dont celui de Fadel Barro, leader de la coalition Jammi Gox Yi et ancien coordinateur du mouvement Y’en a Marre.

La Cena, commission électorale nationale autonome, a appelé vendredi les acteurs politiques à la « sérénité et au sens des responsabilités ». Dans un communiqué, elle condamne également les « déclarations et violences » ayant suivi la publication sur les réseaux sociaux de listes de candidats aux législatives. Mercredi, la Direction générale des élections avait déploré une « tentative d’intrusion » du maire de Dakar, Barthélémy Dias, dans ses locaux.

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