Sénégal: les producteur et acteurs de la websérie «Cirque noir» auditionnés par un juge

·1 min de lecture

Au Sénégal, les six prévenus producteur et acteurs de la websérie « Cirque noir » ont été auditionnés, vendredi 27 août, par un juge du tribunal de Dakar, dix jours après leur arrestation. Ils sont poursuivis en détention pour diffusion d'images contraires aux bonnes mœurs et outrage public à la pudeur.

Avec notre correspondante à Dakar, Théa Ollivier

Ces accusations font suite à la plainte de l'ONG islamique Jamra concernant la diffusion de la bande-annonce de leur série qualifiée de « pornographique » et qui avait fait polémique, car contenant des scènes dénudées et des dialogues jugés vulgaires. Si l’ONG est habituée à porter plainte auprès du Conseil national de l’audiovisuel (CNRA), c’est la première fois que l’équipe d’une série passe devant la justice. Pendant une audience de près de deux heures, les six prévenus ont été interrogés par la juge et le procureur qui a requis deux ans de prison ferme pour le producteur et un an pour les autres.

Infractions « pas caractérisées »

De leur côté, les avocats ont plaidé non coupable et ont demandé la relaxe des prévenus, car les infractions ne sont « pas caractérisées » puisque rien n’a été réalisé en public et qu’un seul des prévenus est responsable de la diffusion, explique ainsi maître Abdoulaye Tall : « Il ne faut pas qu’on considère l’art comme une chose qui est ordinaire. L’art, c’est la simulation. On est dans l’affection, on est dans l’imaginaire. C’est pour cette raison que nous avons dit au juge en réalité que demander la condamnation c’est une façon de piller l’art ».

Pour Coumba Touré, entrepreneuse culturelle, ils ne méritent pas la prison : « Même si on n’est pas du tout d’accord avec ce qu’ils ont fait, tout ce qu’on peut faire, c’est les encourager dans ces moments difficiles, parce qu’il y a des étudiants, il y a des musiciens, il y a aussi des rappeurs. Tous ont leur projet en cours. J’espère qu’ils seront libérés et qu’ils vont tirer des leçons sur ça aussi ».

Larmes aux yeux

La mère de l’un des accusés, Mohamed Housseiny, est sortie du tribunal les larmes aux yeux : « Je lui pardonne parce qu’il ne l’a pas fait sciemment. C’est une erreur de jeunesse. On peut les punir, mais pas les enfermer deux ans. Avec leur avenir, ça ne passe pas parce que ce sont des soutiens de famille ».

À la fin de l’audience, une dizaine de proches a levé le poing en signe de soutien. Le jugement est attendu le 3 septembre prochain.

►À lire aussi : Sénégal: «Cirque noir», la série sulfureuse qui fait débat à Dakar

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles