Sénégal : « Il faut remettre du bon sens dans l’économie »

Propos recueillis par Malick Diawara et Clémence Cluzel
·1 min de lecture
Comme de nombreuses économies africaines, la sénégalaise doit repenser ses fondamentaux pour entrer dans une logique de création de valeur et d'emplois au niveau local. 
Comme de nombreuses économies africaines, la sénégalaise doit repenser ses fondamentaux pour entrer dans une logique de création de valeur et d'emplois au niveau local.

Comme une marmite dont le couvercle a sauté, le Sénégal en a impressionné plus d'un par la soudaineté et la violence des manifestations qui l'ont secoué à la suite de l'imbroglio juridico-politique sur fond d'accusation de viols et de menaces de mort répétés à l'endroit du député Ousmane Sonko. Arrivé troisième de la dernière élection présidentielle qui a eu lieu en février 2019, le leader du parti Pastef-Les Patriotes est devenu, du fait de la transhumance de nombreux hommes et femmes politiques vers la coalition au pouvoir au Sénégal, le chef de file de l'opposition. Autant dire que tout ce qui le concerne appelle une attention particulière dans un pays menacé par une volonté affichée en haut lieu de « réduire l'opposition à sa plus simple expression ». Cela ne peut cependant pas justifier la rage dont ont fait montre les manifestants à Dakar et dans certaines villes de région pour attaquer des magasins alimentaires comme ceux d'Auchan, des stations-service de Total, pour brûler des voitures, casser du matériel urbain et alimenter un climat d'insécurité et de peur à travers le pays. Si l'étincelle a été politique, la mèche, elle, est sûrement économique dans un environnement où la conjugaison du confinement et du couvre-feu a fortement impacté des populations tirant leurs principaux revenus de l'informel.

Pour avoir travaillé pendant près de trente ans dans de nombreux pays africains à des postes de responsabilité au sein de grands groupes ou organismes i [...] Lire la suite