Séismes: même abandonné, un projet de géothermie continue de secouer Strasbourg

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Soixante pour cent des communes françaises, contre 14% précédemment, seront situées en zone sismique à compter du 1er mai sur une échelle des risques allant de
Soixante pour cent des communes françaises, contre 14% précédemment, seront situées en zone sismique à compter du 1er mai sur une échelle des risques allant de

L'agglomération de Strasbourg a été réveillée ce samedi par un séisme de magnitude 3,9, le plus intense d'une série de secousses induites depuis plusieurs mois par un projet de géothermie qui continue d'alimenter la controverse, malgré son arrêt définitif.

L'épicentre du séisme survenu à cinq heures du matin a été localisé à cinq kilomètres de profondeur, sur la commune de La Wantzenau, au nord de l'agglomération strasbourgeoise, selon le Réseau national de surveillance sismique (Renass), qui a mesuré une magnitude de 4,0 finalement corrigée à 3,9.

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Une réplique de magnitude 2,3 a été enregistrée cinq minutes plus tard au même endroit. Les deux évènements ont été classés par le Renass comme "induits", c'est-à-dire provoqués par l'activité humaine.

Face à l'intensité du séisme, les pompiers du Bas-Rhin ont annoncé avoir reçu de nombreux appels, mais n'ont pas eu à déclencher d'intervention. "Des dégâts il y en aura, mais ce sera de l'ordre de la fissuration", a déclaré la maire de La Wantzenau, Michèle Kannengieser.

"Du vraiment costaud"

Surtout, le séisme a relancé la controverse sur un projet de géothermie mené jusqu'en décembre dernier au nord de l'agglomération, à proximité immédiate de La Wantzenau, et à l'origine de 15 séismes de magnitude au moins égale à 2 depuis novembre 2019.

"C'était du vraiment costaud cette fois", a tweeté Alain Fontanel, l'un des leaders de l'opposition au conseil municipal strasbourgeois. "Toute la maison a tremblé pendant quelques secondes. Merci aux apprentis sorciers de la géothermie profonde pour ce réveil brutal #flippant".

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De nombreuses réactions similaires étaient visibles sur les réseaux sociaux. Des riverains, désabusés, ont faits état de dégâts sur leurs habitations.

"J'ai une maison récente, construite en 2007, et nous avions mis en place un radier, une dalle de béton, parce que c'est une zone où il y avait des remontées d'eau", a déclaré Francis Caspar, un habitant de La Wantzenau. "Aujourd'hui, mon radier est complètement fissuré".

"S’agissant de la plus forte intensité depuis le début de la série de séismes induits liés au chantier de géothermie, je mesure l’émotion qu’il a pu provoquer", a déclaré la présidente de l'Eurométropole de Strasbourg, Pia Imbs, dans un communiqué.

"Je prends acte de ce nouvel épisode qui ne manquera pas d’alimenter les analyses menées par la mission d’information et d’évaluation installée par l’Eurométropole en décembre dernier", a ajouté l'élue proche des Verts.

"Activité sismique persistante"

"La localisation et la première estimation de profondeur nous font clairement penser que ces évènements sont dans la suite des précédents", a déclaré Jérôme Vergne, sismologue à l'Ecole et observatoire des sciences de la terre de Strasbourg.

"Nous avions continué à enregistrer une activité sismique persistante ces derniers mois. Le sous-sol met un certain temps à réagir à l'arrêt (du projet), et à retrouver un état de contrainte naturel", a-t-il ajouté. "Ce qui est étonnant, c'est qu'on a eu aujourd'hui le séisme le plus important de la séquence".

La préfecture du Bas-Rhin avait annoncé le 7 décembre l'arrêt définitif du projet de géothermie, après une série de séismes plus ou moins intenses - dont l'un de magnitude 3,5 le 4 décembre - et déjà classés comme "induits" par le Renass. Fonroche Géothermie, le porteur de projet, avait admis que ses activités étaient à l'origine de certains séismes. La société a annoncé samedi avoir mesuré un séisme de magnitude 3,7.

"Ces évènements sont liés au retour à l'équilibre du réservoir qui s'accompagne de sismicité", a déclaré l'entreprise dans un communiqué.

Le réservoir est revenu à des niveaux de "pression naturelle" le 26 avril, selon Fonroche Géothermie, qui précise néanmoins que la pression "continue de baisser faiblement".

Article original publié sur BFMTV.com

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