Corée du Nord: la tension reste élevée, mise en garde de la Russie

Shahzad ABDUL
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Photo fournie par l'Armée américaine le 23 septembre 2017 montrant des avions américains lors d'une mission de survol de la péninsule coréenne avec l'armée de l'air sud-coréenne, le 18 septembre 2017

Washington (AFP) - Alimentée par une nouvelle escalade verbale, la tension restait élevée dimanche entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, Moscou mettant en garde contre "une catastrophe imprévisible" en cas de dérapage entre les deux pays.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a adressé cet avertissement tout en se disant certain que les Américains ne se lanceraient pas dans des opérations militaires contre le régime de Kim Jong-Un pour détruire ses capacités nucléaires.

"Les Américains ne procéderont pas à des frappes contre la Corée (du Nord) car ils ne soupçonnent pas mais sont certains qu'elle dispose de bombes nucléaires", a-t-il déclaré dans un entretien à la chaîne russe NTV diffusé dimanche.

Prônant le dialogue et la persuasion pour résoudre la crise nord-coréenne, il a ajouté: "nous pourrions faire face à une catastrophe très imprévisible et des dizaines, si ce n'est des centaines de milliers de citoyens innocents de Corée du Sud mais aussi de Corée du Nord, bien sûr, et du Japon souffriront. Et la Russie comme la Chine sont à côté".

Samedi, les Etats-Unis avaient allié le geste à la parole en envoyant des avions de guerre voler près des côtes nord-coréennes. Un "message clair" au régime de Pyongyang, a affirmé le Pentagone alors que les Américains ne cessent de répéter que "toutes les options sont sur la table" pour convaincre les Nord-Coréens de renoncer à leurs ambitions nucléaires et à leur programme balistique.

"Nous sommes prêts à utiliser toute la gamme de nos capacités militaires pour défendre les Etats-Unis et nos alliés", a insisté la porte-parole du Pentagone.

Ce survol symbolique s'inscrit dans un contexte de guerre des mots quasiment incessante depuis l'été entre l'administration Trump et la Corée du Nord.

La Corée du Nord enchaîne les tirs de missiles, dont certains ont la capacité théorique d'atteindre le territoire américain. Et elle a réalisé au début du mois l'essai d'une bombe à hydrogène qui a accentué les inquiétudes dans le reste du monde.

- Les sanctions 'les plus dures'-

Samedi, c'est le chef de la diplomatie de la Corée du Nord Ri Yong Ho qui, à la tribune de l'ONU, dénonçait les propos tenus au même endroit par Donald Trump contre son pays, qualifiant le président américain de "personne dérangée", de "mégalomane", de "roi menteur" et de "gangster".

L'agence de presse officielle nord-coréenne relayait dimanche de nouveaux commentaires qualifiant de nouveau Donald Trump de "vieux gâteux".

"Viens d'entendre le ministre des Affaires étrangères de Corée du nord parler à l'ONU. S'il fait écho aux pensées du Petit Homme-Fusée, ils vont bientôt disparaître", a rétorqué samedi soir Donald Trump sur Twitter.

Le président républicain avait décrit le leader nord-coréen comme "un fou qui ne craint pas d'affamer et de tuer son peuple" et avait promis de le mettre "à l'épreuve comme jamais".

Il a par ailleurs accusé samedi Téhéran de "travailler avec" la Corée du nord, après un nouveau test de missile iranien.

"L'Iran vient de tester un missile balistique capable d'atteindre Israël. Ils travaillent aussi avec la Corée du nord. Nous n'avons pas vraiment un accord !" a tweeté samedi le président américain, remettant une nouvelle fois en cause l'accord international sur le nucléaire iranien.

Le Conseil de sécurité de l'ONU vient de son côté de voter un huitième train de sanctions tandis que Donald Trump a demandé à son administration de prendre des sanctions bilatérales visant les entreprises et institutions faisant du commerce avec la Corée du Nord. Ce sont "les sanctions les plus dures à avoir jamais été prises" contre ce pays, a réaffirmé dimanche le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin sur la chaîne ABC.

"La priorité numéro un du président, c'est la sécurité du peuple américain et de nos alliés", a-t-il ajouté. "Le président ne veut pas d'une guerre nucléaire. Et nous ferons tout ce qui est possible pour que cela ne se produise pas."

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