Sécurité renforcée au Cachemire indien pour le deuxième anniversaire du "Jour noir"

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Des centaines de policiers et de soldats supplémentaires ont été déployés jeudi à Srinagar, principale ville du Cachemire administré par l'Inde, des groupes séparatistes ayant appelé à un arrêt de travail pour marquer le deuxième anniversaire du "jour noir" de la révocation de l'autonomie du territoire.

Le Cachemire est divisé entre l'Inde et le Pakistan depuis la fin du régime colonial britannique en 1947, les deux pays revendiquant la totalité du territoire. Les combats dans la partie contrôlée par l'Inde ont fait des dizaines de milliers de morts, principalement des civils.

Le gouvernement du Premier ministre Narendra Modi a révoqué le 5 août 2019 l'autonomie partielle de la région, la divisant en deux territoires fédéraux, et procédé à des milliers d'arrestations lors d'une opération de sécurité massive.

À l'approche du deuxième anniversaire, les forces de sécurité ont érigé de nouveaux postes de contrôle et des barricades à travers Srinagar.

Des rebelles présumés ont tiré sur une patrouille de police dans la région de Sopore (nord-ouest), mais personne n'a été blessé, a déclaré un officier de police à l'AFP. La police du district a toutefois démenti l'incident sur Twitter.

Le principal chef séparatiste Syed Ali Geelani, âgé de 90 ans, a appelé à la fermeture générale pour marquer ce "jour noir" afin de protester contre "l'agression absolue de l'Inde", selon une déclaration diffusée sur Twitter par son représentant basé au Pakistan, Syed Abdullah Geelani.

La police a d'abord affirmé que cet appel était un faux, mais M. Geelani, malade et assigné à résidence ces treize dernières années, a diffusé mercredi sa première vidéo en deux ans, authentifiant la déclaration par l'intermédiaire de son "représentant spécial désigné".

Jeudi, la plupart des magasins restaient fermés à Srinagar et la circulation sur les routes était faible.

- Menaces -

Selon plusieurs témoignages de commerçants et hommes d'affaires, sous couvert de l'anonymat, la police a demandé aux commerçants d'ouvrir leurs magasins. Certains ont déclaré à l'AFP avoir même été menacés. Des journalistes locaux ont affirmé que des policiers brisaient les serrures des rideaux de fer.

"Je tournais des vidéos de boutiques fermées lorsque des policiers sont arrivés et ont pris mes photos et m'ont accusé, ainsi que d'autres journalistes, d'avoir instigué la fermeture", a déclaré à l'AFP un photojournaliste, Umer Asif.

L'ancienne ministre en chef du Cachemire, Mehbooba Mufti, et des dizaines de responsables politiques locaux ont été incarcérés pendant des mois après avoir été arrêtés lors de la répression de 2019. Des dizaines de personnes restent derrière les barreaux, que ce soit au Cachemire ou ailleurs, emprisonnées en vertu d'une loi controversée qui permet de les détenir jusqu'à deux ans sans inculpation.

Mme Mufti a publié sur Twitter mercredi une déclaration de colère, dénonçant les actions de New Delhi qualifiées de "violation fragrante" des droits constitutionnels de la population. "Lorsque l'oppression débridée se déchaîne et que l'injustice est flagrante, il n'y a pas d'autre choix que de résister pour exister", a-t-elle tweeté.

Le ministre du gouvernement, Jitendra Singh, dans un éditorial du quotidien Indian Express, a pour sa part affirmé que le Cachemire s'acheminait désormais vers "l'approfondissement de la démocratie, la réalisation des aspirations de la population, (et) l'augmentation de la croissance économique".

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