Sécurité: l'Assemblée nationale vote le durcissement de l'outrage sexiste

Sécurité: l'Assemblée nationale vote le durcissement de l'outrage sexiste
L'hémicycle de l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement, le 19 juillet 2022. - Christophe ARCHAMBAULT / AFP
L'hémicycle de l'Assemblée nationale lors d'une séance de questions au gouvernement, le 19 juillet 2022. - Christophe ARCHAMBAULT / AFP

L'Assemblée a voté mercredi en faveur du durcissement de la répression des outrages sexistes et de la possibilité de déposer des plaintes en visioconférence pour certaines infractions, lors de l'examen de la loi d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur.

Lors d'une séance achevée peu avant minuit dans un climat tendu, les députés ont adopté à une large majorité (170 voix pour, 28 contre) un article renforçant la répression de l'infraction d'outrage sexiste "aggravé". L'article voté vise à en faire un délit, avec une amende qui passerait de 1500 euros actuellement à 3750 euros.

L'outrage sexiste, instauré récemment pour faire face notamment au "harcèlement de rue", désigne le fait d'imposer à une personne "un propos ou comportement à connotation sexuelle ou sexiste", portant atteinte à sa dignité ou créant une situation "intimidante, hostile ou offensante".

LFI vote contre

Il est considéré comme "aggravé" dans certains cas, par exemple quand il est commis par une personne abusant de son autorité, sur une personne vulnérable ou encore dans des transports collectifs.

Des amendements identiques des oppositions ont été adoptés, avec l'aval du gouvernement, pour étendre l'outrage sexiste aggravé à tous les mineurs, et non plus seulement aux moins de 15 ans.

D'autres, qui demandaient que les outrages sexistes ne puissent pas faire l'objet d'"amendes forfaitaires délictuelles" aux montants moins élevés, ont été rejetés.

Le groupe LFI a voté contre la mesure, déplorant une méthode seulement "répressive" et estimant qu'il fallait "s'attaquer à la cause et non à la conséquence" de ces outrages.

Plus tôt dans la journée, l'Assemblée a largement voté en faveur d'un possible dépôt de plainte en visioconférence pour certaines infractions, par 155 voix contre 2. Avec l'aval du camp présidentiel, les députés ont adopté un amendement de la socialiste Cécile Untermaier mentionnant que la victime peut refuser la visio, si elle préfère une procédure en "présentiel".

La visioconférence ne vise pas à "réduire le service public", a souligné la députée Renaissance Caroline Abadie, rappelant les "8.500 recrutements" de gendarmes et policiers promis par la loi durant le quinquennat.

Article original publié sur BFMTV.com