La sécurité de l'Allemagne est menacée, selon un nouveau rapport du gouvernement

La sécurité de l'Allemagne est menacée, selon un nouveau rapport du gouvernement

La démocratie allemande est forte, mais sa sécurité reste tendue, selon la ministre de l'Intérieur du pays, Nancy Faeser.

Elle a fait ces commentaires mardi à Berlin, en Allemagne, lors de la présentation du rapport annuel de son ministère.

Lors de la conférence de presse, Nancy Faeser a déclaré que la guerre menée par la Russie en Ukraine continuait de "remettre en question l'ordre de paix européen" et que la guerre à Gaza avait "malheureusement un impact" sur l'Allemagne.

"Nous avons renforcé massivement toutes les mesures de protection pour nous armer contre les menaces actuelles que représentent l'extrémisme, le terrorisme et les attaques hybrides", ajoute-t-elle.

Selon la ministre, la Russie, la Chine et l'Iran, en particulier, auraient utilisé leurs services de renseignement pour espionner l'Allemagne, le procureur général fédéral ayant récemment arrêté des personnes qui planifiaient des opérations de sabotage dans le pays pour le compte de la Russie.

La ministre fédérale allemande de l'Intérieur Nancy Faeser, lors de l'inauguration du Centre international de coopération policière (IPCC) à Neuss, Allemagne, le 10 juin 2024
La ministre fédérale allemande de l'Intérieur Nancy Faeser, lors de l'inauguration du Centre international de coopération policière (IPCC) à Neuss, Allemagne, le 10 juin 2024 - Martin Meissner/Copyright 2024 The AP. All rights reserved

"Nos autorités de sécurité ont agi de manière très cohérente et ont empêché d'éventuels attentats à l'explosif en Allemagne. Nous continuerons à faire tout ce qui est en notre pouvoir pour contrecarrer de tels plans", affirme Nancy Faeser.

Thomas Haldenwang, chef du service de renseignement intérieur, a déclaré lors de la conférence de presse qu'il n'y avait pas beaucoup de "nouvelles positives" concernant la situation en matière de sécurité en 2023.

Les violences extrémistes en hausse

Le nombre d'extrémistes de droite potentiellement violents est passé de 14 000 en 2022 à 14 500 l'année dernière, selon le rapport 2023 de l'agence allemande de renseignement intérieur.

Les crimes d'extrême droite ont augmenté de près de 4 % au cours de la période considérée, les crimes extrémistes attribués aux groupes extrémistes Reichsbürger et Selbstverwalter ayant augmenté de 34 % au cours de la même période.

Le nombre total d'infractions d'extrême droite a quant à elle augmenté de plus de 22 % pour atteindre 25 660, plus de la moitié d'entre elles impliquant de la propagande, a déclaré l'agence. Les infractions violentes d'extrême droite ont par ailleurs augmenté de 13 %, passant à 1 148, dont 1 016 concernaient des lésions corporelles.

"Les activités de mise en réseau de ce que l'on appelle la nouvelle droite ont continué à augmenter", affirme Thomas Haldenwang.

Le président de l'Office fédéral allemand pour la protection de la constitution a toutefois rappelé que les dangers posés par les "extrémistes de gauche violents" restaient également élevés.

En témoignent "les attaques brutales et bien planifiées contre des opposants politiques, les violences considérables contre la police et les incendies criminels graves contre des entreprises et des infrastructures essentielles", ajoute Thomas Haldenwang.

Un groupe d'extrême droite devant un tribunal pour un coup d'État avorté

Le rapport a été rendu le jour même où huit Allemands ont comparu pour la première fois devant un tribunal à Munich, accusés d'avoir pris part à un projet de coup d'état fomenté par l'organisation terroriste Reichsbuerger.

Au total, 26 prévenus, sont accusés d'avoir planifié un assaut violent contre le Parlement allemand, dans le but d'arrêter les législateurs et de négocier une alliance avec la Russie.

Le groupe s'est rallié au prince autoproclamé Reuss, homme d'affaires allemand et partisan d'extrême droite de la monarchie.

Pour des raisons logistiques le procès sera organisé en trois fois. Au tribunal de Munich, 55 sessions de procès ont été fixées jusqu'à la fin du mois de janvier.

Un homme accusé d'appartenance à une organisation terroriste et de préparation d'une entreprise de haute trahison à Munich, Allemagne, le mardi 18 juin 2024.
Un homme accusé d'appartenance à une organisation terroriste et de préparation d'une entreprise de haute trahison à Munich, Allemagne, le mardi 18 juin 2024. - AP

Plusieurs des accusés de Munich auraient appartenu au "conseil" de l'organisation ou à la direction du "bras militaire". L'un des membres fondateurs accusés aurait également organisé la réunion de fondation.

Selon l'acte d'accusation, plusieurs accusés ont été impliqués à un stade précoce dans la planification de ce coup d'État.