Quelle sécurité pour encadrer la visite du roi Charles III en France?

Il a choisi le degré le plus élevé des visites à l'étranger. Charles III entamera dimanche une visite d'État de trois jours en France, la première du souverain britannique depuis son accession au trône. Depuis plusieurs mois, les services des deux pays échangent pour préparer cette venue qui se fera sous haute surveillance, avec un dispositif dit de "haut spectre".

De part sa qualité de roi et par l'hypermédiatisation de l'événement, avec un retentissement international s'il venait à se produire un incident, les autorités britanniques préparent ce déplacement avec l'Elysée et le ministère des Affaires étrangères. Côté sécurité, c'est le ministère de l'Intérieur et particulièrement le service de la protection (SDLP) qui a reçu sa lettre de mission.

Dispositif policier important

Les modalités du programme de cette visite très formatée et très protocolaire déterminent les conditions de sécurité. Si la protection du roi sera assurée par ces policiers du SDLP, le palais de Buckingham a négocié avec la France la venue de certains officiers de sécurité britanniques, comme c'est habituellement le cas lors des visites d'État. La demande a été validée, mais aucune autorisation de port d'arme n'a pour l'heure été délivrée, des négociations étant toujours en cours sur ce point selon une source policière.

Cérémonie sous l'Arc de Triomphe, visite au musée d'Orsay, banquet d'État au château de Versailles avant un déplacement - en train - pour Bordeaux, chaque point d'étape et déplacement du roi Charles et de sa délégation va mobiliser d'importants moyens policiers.

Selon nos informations, 100% des fonctionnaires de la Direction de l'ordre public et de la circulation de la préfecture de police de Paris ont été rappelés pour cette visite d'État, dont le dispositif est en train d'être finalisé.

"C‘est un dispositif qui est lourd, qui engage beaucoup d’effectifs, on va être extrêmement rigoureux sur le calcul des itinéraires qui pourront être mouvants selon l’actualité", détaille auprès de BFMTV Pascal Bitot-Panelli, ancien commandant du service de protection des hautes personnalités.

Un déplacement à Bordeaux sous haute surveillance

Sécurisation des lieux mais aussi des trajets. Pour ceux effectués en voiture, des routes seront certainement bloquées, des policiers seront aussi mobilisés pour baliser le cheminement du cortège à travers les rues de la capitale et jusqu'à Versailles. Reste l'écueil de ce déplacement prévu mardi à Bordeaux en TGV, voulu par le roi Charles pour montrer son engagement en faveur de l'environnement. Ce train est accessible à la réservation, pour 34 euros.

"Tous les départements traversés par la ligne TGV Paris-Bordeaux seront en alerte, du préfet aux policiers en passant par les pompiers ou les hôpitaux", note une source policière.

Cette visite se déroule dans un contexte particulier. Les autorités françaises ont déconseillé au roi les bains de foule lors de sa venue. Charles III n'est en effet pas le plus populaire des rois britanniques: à plusieurs reprises, il a été confronté à des huées, des slogans "not my king" et même à des jets d’œufs.

La France craint aussi que le contexte social actuel dans l'Hexagone pèse sur la visite, Les autorités redoutant que des manifestants contre la réforme des retraites profitent de l'événement pour médiatiser leurs actions.

La séquence jugée la plus sensible est celle de la descente de l'avenue des Champs-Elysées par Charles III et Emmanuel Macron, lundi, jusqu'à l'Elysée. Un dispositif important composé à la fois d’unités de forces mobiles (CRS et EGM) et de BRAV-M est d'ores et déjà prévu.

"Nous avons un dispositif qui permet de traiter toutes les situations et toutes les situations seront traitées", a prévenu ce mardi sur BFMTV Laurent Nunez, le préfet de police de Paris.

Des actions redoutées

Une action coup de poing, type sit-in, blocage ou déploiement de banderoles est aussi redoutée sur le parcours du TGV emprunté par Charles III, son épouse la reine consort Camilla et la délégation protocolaire qui sera composée de représentants de l'Etat britanniques mais aussi de ministres français. Une fois à Bordeaux, il était prévu que le souverain prenne le tram pour se déplacer.

Si rien n'est encore acté, "on va faire en sorte qu’il n’y ait pas de tram", prévient déjà auprès de 20 Minutes Mathieu Obry, représentant syndical CGT chez Keolis, délégataire du réseau de transports en commun.

Article original publié sur BFMTV.com