Pour sécuriser ses sites énergétiques, l’Algérie a recruté une armée de vigiles

En janvier 2013, l’Algérie était la cible de l’une des plus spectaculaires attaques terroristes sur son territoire. Le groupe des “signataires par le sang”, né d’une scission avec Aqmi (Al-Qaida au Maghreb islamique) mais étant resté affilié à Al-Qaida, avait organisé la prise en otage de travailleurs du complexe gazier de Tiguentourine, à proximité d’In Amenas. L’assaut des forces spéciales de l’armée s’était soldé par un bain de sang, avec la mort de 37 otages et l’élimination de 29 terroristes, rappelle le journal algérien Reporters.

Depuis, l’Algérie assure avoir mis en place une stratégie pour sécuriser ses infrastructures pétrolières et gazières. “Depuis janvier 2013 et les événements de Tiguentourine, le dispositif sécuritaire de Sonatrach s’est considérablement développé”, a assuré le président de l’entreprise nationale d’exploitation des hydrocarbures (Sonatrach), Toufik Hakkar, lors d’une conférence de presse dimanche 15 janvier. Il a affirmé, à titre d’exemple, que plus de 22 000 agents de sécurité étaient désormais chargés de la protection de 20 000 kilomètres de pipelines, nécessitant un budget de 400 millions de dollars (plus de 368 millions d’euros) durant l’année 2021.

Le coût global de la sécurité chez Sonatrach serait quant à lui nettement plus élevé – fruit d’une collaboration avec le ministère de Défense nationale. Mais, “la sécurité n’a pas de coût”, a martelé Hakkar, estimant qu’un seul incident pouvait avoir des conséquences sur l’ensemble de la production.

Talon d’Achille pétrolier

Le magazine américain Foreign Policy explique que, depuis la crise énergétique due à la guerre en Ukraine, l’Algérie est devenue un acteur géopolitique incontournable. Mais ce qui fait sa force est également une faiblesse. Les hydrocarbures représentent 90 % du total des exportations.

Peu diversifiée, l’économie du pays repose en grande majorité sur l’exploitation des ressources pétrolières et gazières dont les exportations ont fortement augmenté ces derniers mois. Le ministère algérien du Commerce et de la Promotion des exportations a cependant révélé que les exportations hors hydrocarbures ont bondi de 36 % au cours des onze premiers mois de 2022.

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