Sécheresse : Une « pierre de la faim » réapparaît en France

Alors que le Doubs n’est plus qu’une rivière de pierres, l’inscription « 1906 » refait surface.

SÉCHERESSE - 1906, c’est l’année de la plus grande sécheresse du XXe siècle en Franche-Comté. Et ce samedi 27 août, une grande pierre plate gravée de cette date a refait surface au défilé d’Entreroches, une gorge du Doubs, alors que la rivière atteint un niveau similaire à l’été 1906, rapporte France 3 Franche-Comté.

Ce n’est pas a proprement dit une « pierre de la faim », comme celles découvertes cet été sur les bords de l’Elbe, en République tchèque, sur lesquelles des inscriptions alertaient avec des messages explicites : « Si vous me voyez, alors pleurez ! » Ici, aucun message prophétique, mais l’apparition de cette pierre sonne tout de même l’alerte.

Ce n’est que la deuxième fois que cette date est visible. Une première fois en 2018, la journaliste à France 3 Franche-Comté, Emmanuel Rivallain, l’a aperçue, mais la pierre n’était qu’à moitié émergée. Cette fois, la date de « 1906 » apparaît pleinement.

Des pierres qui alertent sur l’état du Doubs

Le cours du Doubs atteint des niveaux inquiétants alors que le département fait face à un épisode de sécheresse depuis le mois de mai. Le comité de ressources en eau a d’ailleurs alerté début août que de nombreux cours d’eau connaissent des assecs, et des nappes atteignent des niveaux historiquement bas depuis le début de l’été. De nombreuses restrictions d’eau potable ont depuis été mises en place.

On ne peut pas s’en souvenir, mais une sécheresse accompagnée d’événements climatiques extrêmes a aussi frappé la France au siècle dernier. « Vague de froid, inondations, gelées tardives, inondations, vague submersion, sécheresse », retrace le bulletin météorologique du site meteo-paris.com pour l’année 1906. Un bilan qui rappelle fortement celui de l’été 2022.

Une autre pierre, au Saut du Doubs, porte la marque de la sécheresse de 1906, nous apprend encore France 3 Franche-Comté. Plus connue, on peut y lire l’inscription « 1906 Douane A.N. », des initiales désignant sans doute le douanier qui en est à l’origine. Apparue de nouveau en 2018, elle n’a cependant pas encore refait surface cette année, car à cet endroit précis, l’eau n’est pas descendue aussi bas qu’il y a quatre ans.

Ces pierres sont comme des repères alertant sur l’état de sécheresse. Malgré l’effet magique de les voir émerger du passé, les locaux espèrent qu’elles seront le plus rapidement possible recouvertes par les eaux du Doubs.

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