Sécheresse : L’arrosage des golfs agace de nombreux élus

Alors que la sécheresse perdure en France, plusieurs élus écologistes et insoumis ont fustigé l’arrosage des golfs, qui demeure permis malgré la situation météorologique (photo d’illustration prise en octobre 2017 à Guyancourt, près de Paris).
Photo Getty Images & Captures d’écran Twitter / Montage HuffPost Alors que la sécheresse perdure en France, plusieurs élus écologistes et insoumis ont fustigé l’arrosage des golfs, qui demeure permis malgré la situation météorologique (photo d’illustration prise en octobre 2017 à Guyancourt, près de Paris).

Photo Getty Images & Captures d’écran Twitter / Montage HuffPost

Alors que la sécheresse perdure en France, plusieurs élus écologistes et insoumis ont fustigé l’arrosage des golfs, qui demeure permis malgré la situation météorologique (photo d’illustration prise en octobre 2017 à Guyancourt, près de Paris).

ENVIRONNEMENT - « Pourquoi peut-on arroser les green de golf quand tout le monde manque d’eau ? » Alors que la troisième vague de chaleur de l’été s’abat actuellement sur la France, plusieurs personnalités de gauche dont le maire écologiste de Grenoble Éric Piolle s’inquiètent d’un cas de figure bien précis : l’arrosage des golfs.

Depuis le 30 juillet, différents élus de la NUPES ont en effet partagé l’inquiétude de l’édile, à commencer par Hendrick Davi, élu député à Marseille au mois de juin. Dans une série de tweets, il dénonce un écart de traitement entre les piscines qu’il serait interdit de remplir et les golfs qui, eux, bénéficieraient de passe-droits.

Une inquiétude qui a trouvé un écho chez plusieurs collègues de l’élu, notamment la présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, ou encore Alma Dufour, députée de Seine-Maritime très investie dans les questions écologiques.

Un symbole d’une « écologie de classe »

Toutes deux ont ainsi fustigé « l’écologie de classe » qui aurait cours et qui favoriseraient les couches de la société les plus privilégiées.

« C’est un état d’esprit où on continue de protéger les plus riches, les plus puissants. Le mandat d’Emmanuel Macron en est le symbole depuis cinq ans », appuyait d’ailleurs Éric Piolle au micro de BFMTV dès le 30 juillet, s’étonnant que l’arrosage soit interdit dans de très nombreux cas, mais donc aucunement pour les green de golf.

Il est important de préciser qu’il n’existe pas de règle unifiée sur l’ensemble du territoire en ce qui concerne l’arrosage des golfs, mais que ce sont les départements qui fixent les règles.

Un traitement spécifique pour les golfs

Ainsi, la polémique est d’abord née dans certains territoires, tels que la Haute-Savoie, où les autorités ont décidé de restreindre la possibilité d’arroser les green tout en interdisant d’autres pratiques moins consommatrices d’eau (l’arrosage de potagers individuels par exemple), ce qui a provoqué la colère et l’incompréhension d’élus locaux.

Et pour cause : dans la plupart des départements, y compris ceux qui souffrent tout particulièrement de la sécheresse, les golfs bénéficient effectivement d’un traitement spécifique par rapport à d’autres activités comme le remplissage de piscines ou le nettoyage des voitures et bateaux individuels. Des dispositions qui leur permettent par exemple, même en cas de sécheresse sévère, de continuer à arroser à minima les green et espaces de départ.

Une situation que justifient les professionnels. « Refaire un green coûte une fortune », explique par exemple un golf breton à nos confrères du Télégramme, ajoutant que « si un golf n’a plus de green, l’essence même du jeu disparaît » et que le golf peut donc « mettre la clé sous la porte ». De la même manière, du Maine-et-Loire à la Franche-Comté, plusieurs golfs mettent en avant un fonctionnement basé sur la récupération d’eau, une gestion économe de la ressource et un système d’arrosage individualisé.

Mais pas sûr que cela suffise à apaiser l’incompréhension d’une partie de la classe politique alors que la sécheresse et la hausse des températures causées par le réchauffement climatiques ont dramatiquement fait chuter le débit des cours d’eau comme le niveau des nappes phréatiques. À ce jour, 93 des 96 départements de l’Hexagone connaissent des alertes à la sécheresse, et 57 sont en situation de « crise ».

À voir également sur le HuffPost: Face à la sécheresse, des « inspecteurs de l’environnement » tentent de protéger l’eau

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