La sécheresse en Italie menace le risotto

PHOTO BRIGITTE HAGEMANN AFP.

Des tiges desséchées et la terre qui craque sous les pieds. “Pas un seul grain de riz ne pourra sortir” du champ qu’arpente Fabrizio Rizzotti. “J’en ai l’estomac retourné”, explique au Washington Post ce riziculteur de Vespolate, en Italie.

Au cœur de cet été “étouffant” en Europe, “peu d’endroits ont été plus directement touchés que le nord de l’Italie”, où l’extrême sécheresse a “déclenché l’état d’urgence et mis les grandes plaines agricoles de la région en grande difficulté”, rapporte le quotidien américain. Les “rizières vertes typiques de la région, de même que la nourriture qui en est issue”, notamment le risotto, sont menacées.

Fabrizio Rizzotti, qui porte un nom prédestiné et cultive le riz depuis sept générations, a “passé sa vie à manger du risotto plusieurs fois par semaine”. Avec le changement climatique cependant, l’agriculteur en vient “à envisager le riz comme une denrée rare”.

Des rendements en baisse de 30 %

Il n’est pas le seul. “Le principal producteur agricole italien prévoit que les rendements seront inférieurs de 30 % à la normale” cette année. La plaine du Pô est la région où la riziculture prédomine, “dans un pays qui représente la moitié de la production de riz en Europe”, rappelle le grand quotidien américain.

Les canaux d’irrigation installés depuis 1860 sur ses terres ne laissent passer qu’un “filet boueux” au lieu du mètre d’eau habituel. “Même les meilleurs champs de Rizzotti” ont “ces taches vert foncé qui signalent le début de la déshydratation”.

L’an dernier, son exploitation a produit 350 tonnes de riz blanc. Cette année, il s’estimera chanceux s’il atteint 150 tonnes. Encore faudrait-il qu’il pleuve en “quantité phénoménale”. Sauf que la météo prévoit 35 °C et du soleil sans interruption pendant une semaine au moins.

“Tout le monde est confronté à des choix difficiles. Mon voisin arrose son maïs pour sauver ses vaches, mais il laisse mourir son riz.”

Fabrizio Rizzotti évoque les “bagarres” entre agriculteurs autour des restrictions d’eau mises en place à cause de la sécheresse. “Un champ contre l’autre, une guerre des pauvres contre les pauvres.” Certains de ses collègues, selon lui, ne veulent pas voir la réalité en face, “parce qu’elle est trop douloureuse”. Lui songe à passer la moitié de ses terres en soja et en blé, moins gourmands en eau.

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