Comment la sécheresse détruit le made in Italy alimentaire

PHOTO MAURO UJETTO/NUR PHOTO VIA AFP

Issu des rangs du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, le nouveau ministre de l’Agriculture italien, Francesco Lollobrigida, a les idées claires.

Cet homme politique réputé très proche de Giorgia Meloni a décidé de renommer son ministère “de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire” avant d’expliquer son choix en ces termes, rappelle le Corriere della Sera :

“Il faut que l’Italie exporte, et pour cela nous avons besoin de défendre la qualité de nos produits que les autres cherchent à copier.”

Très bien pour la défense, souligne le quotidien milanais, “mais pour exporter les produits, encore faut-il en avoir”.

“42 % des productions ont besoin d’irrigation”

Car, comme le souligne le média centriste, les chiffres de production de certains piliers du made in Italy se sont écroulés cette année.

À l’image du blé dur, ingrédient essentiel des pâtes, dont la production a diminué de 7,4 % par rapport à 2021, de la tomate en conserve, concentrée et de la pulpe de tomate (−11 %), du vin (−10 %) et de l’huile d’olive (−30 %).

“Dans l’ensemble, les entreprises agricoles ont perdu 6 milliards d’euros à cause surtout du changement climatique, de la sécheresse et de l’énergie chère”, résume le Corriere della Sera.

L’Italie est le troisième pays de l’UE ayant le plus besoin d’eau d’irrigation (pour 42 % de sa production), précise le média, qui cite parmi les régions particulièrement en difficulté celle de la plaine du Pô, le plus grand fleuve du pays, qui traverse le nord de l’Italie.

“Un procès de désertification irréversible”

Cette année, le débit du Pô a nettement diminué et par conséquent, “pour la première fois, l’eau salée de la mer est entrée par le delta sur 40 kilomètres en causant un processus de désertification irréversible sur 30 000 hectares de terrain”, nous apprend le quotidien milanais.

L’étendue des problèmes créés par la sécheresse est donc gigantesque. Un plan national existe depuis 2014 pour combattre les effets du réchauffement ; mais sur certains axes, l’Italie est en retard, à l’image des systèmes de retenue d’eau, qui en Espagne permettent de conserver 50 % des eaux de pluie, contre 10 % seulement en Italie.

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