Sécheresse : les barrages sous pression

La sécheresse frappe de plein fouet la France et notamment le Sud-Ouest au moment où l'énergie hydraulique prend une importance décisive.

En Ariège le niveau du lac a tellement baissé que les responsables du barrage ont du procéder à des lâchers d'eau un mois plus tôt qu'à l'ordinaire.

Philippe Reffay, directeur eau-environnement d'EDF Sud-Ouest : "En juillet par exemple, le volume libéré depuis les lacs ariégeois est deux fois supérieur au maximum qu’on avait fait par le passé. On peut dire aussi qu'entre le 9 juillet et aujourd’hui, on a libéré plus de 70 % des volumes qui sont réservés pour le soutien à l’étiage de la Garonne.

À Toulouse, au plus fort de la sécheresse, 40 % de la Garonne provenait des lâchers d'eau effectués par les gestionnaires des retenues.

On appelle ce procédé l'étiage : il est crucial pour les cours d'eau et pour l'industrie.

Jean-Michel Fabre, président du Syndicat mixte d'études et d'aménagement de la Garonne : "La première fonction (de l’étiage), c’est de maintenir ce qu’on appelle le bon état des rivières. Le bon état des rivières, ça veut dire que la vie soit là, que les hérons trouvent de l’eau, que les poissons qui passent dans la passe à poisson derrière moi aient de l’eau, c’est tenir ce niveau-là. Mais c’est aussi pour des activités industrielles. L’exemple qui est bien connu, c’est qu’il y a besoin d’eau sur une centrale nucléaire comme Golfech, et donc il y a besoin aussi qu’on tienne les niveaux."

L'incertitude sur le fait d'avoir ou non assez d'eau pour produire de l'électricité cet hiver surgit au moment de la crise énergétique liée au conflit en Ukraine et alors que de nombreux réacteurs nucléaires sont à l'arrêt.