Sébastien Raoult, ce Français détenu au Maroc, va-t-il être extradé aux États-Unis ? Le point sur l’affaire

Paul Raoult, 63, the father of detained Sebastien Raoult, shows a phone bearing a portrait of his son in Epinal, eastern France, on August 1, 2022. - Morocco has detained Sebastien Raoult, a 21-year-old French national wanted by the US for alleged involvement in cybercrime, a police source in the kingdom told AFP on July 29, 2022, confirming media reports. Sebastien Raoult was taken in for questioning on May 31 at the Rabat-Sale airport in relation with an Interpol red notice over a cyber-piracy case. (Photo by Jean-Christophe Verhaegen / AFP)
JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP Paul Raoult, 63, the father of detained Sebastien Raoult, shows a phone bearing a portrait of his son in Epinal, eastern France, on August 1, 2022. - Morocco has detained Sebastien Raoult, a 21-year-old French national wanted by the US for alleged involvement in cybercrime, a police source in the kingdom told AFP on July 29, 2022, confirming media reports. Sebastien Raoult was taken in for questioning on May 31 at the Rabat-Sale airport in relation with an Interpol red notice over a cyber-piracy case. (Photo by Jean-Christophe Verhaegen / AFP)

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Paul Raoult montre une photo de son fils Sébastien, emprisonné au Maroc.

MAROC - Un revers pour Sébastien Raoult et sa famille. La Cour de Cassation du Maroc a prononcé un « avis favorable » à l’extradition vers les États-Unis du Français de 21 ans, incarcéré depuis deux mois dans le pays sur demande des autorités américaines. L’étudiant est soupçonné de faire partie d’un groupe de cybercriminels qui a visé notamment des entreprises américaines. Pourrait-il être extradé ? Pour mieux comprendre, Le HuffPost revient sur cette affaire depuis ses débuts.

Le 28 juillet dernier, le magazine L’Obs révèle que Sébastien Raoult est incarcéré au Maroc, soupçonné par le FBI d’être membre des ShinyHunters. Ce groupe de hackers, nommés en référence à l’univers des Pokémon, est accusé d’être « des cybercriminels prolifiques » par les autorités américaines. Microsoft aurait été l’une de leurs victimes.

Faisant l’objet d’une notice rouge émise par Interpol à la demande de la justice américaine, Sébastien Raoult a été arrêté le 31 mai à l’aéroport de Rabat-Salé. Les États-Unis réclament l’extradition de Sébastien Raoult pour des faits de « complot en vue de commettre fraude et abus électronique », « fraude électronique » et « vol d’identité grave », selon L’Obs.

Sébastien Raoult, étudiant en « phase de rupture »

Depuis le 2 juin, Sébastien Raoult est donc incarcéré à la prison de Tiflet 2, près de Rabat. D’après son avocat Me Philippe Ohayon, il risquerait une peine de 116 ans de prison aux États-Unis pour les faits qui lui sont imputés. Sébastien Raoult « nie fermement les faits et affirme que ses comptes ont été utilisés à son insu », affirme son père, Paul Raoult.

Loin du portrait donné par le FBI, sa famille explique que le jeune homme, domicilié chez ses parents à Épinal, était en deuxième année d’études d’informatique quand il a arrêté sa formation en décembre 2021. « Il était dans une phase de rupture avec les études. Il avait envie de vivre, de découvrir le monde et de voyager et avait l’impression de perdre son temps à l’école », explique son père à l’AFP.

Donnant des nouvelles de son fils au à l’Obs, il affirme que Sébastien va « bien », mais qu’il se sent « un peu abandonné par la France ». « Mon fils a été trahi par la France », accuse-t-il aussi dans un entretien à l’AFP. Paul Raoult réclame que le gouvernement français empêche une extradition de son fils du Maroc vers les États-Unis. Il a appelé le ministre de la Justice à faire une demande d’extradition auprès des autorités marocaines pour que le jeune Français puisse être jugé dans son pays.

Son père a lancé un appel à Macron

Réponse du ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti devant la presse : « Il s’agit, pour le moment, de la justice marocaine qui a été sollicitée par la justice américaine, et nous n’avons pas la possibilité, à ce stade, d’intervenir ». Le garde des Sceaux a toutefois assuré que le ministère des Affaires étrangères était « évidemment mobilisé sur cette question », s’agissant d’un ressortissant français.

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Désespéré, Paul Raoult a directement interpellé Emmanuel Macron. « Je vous demande officiellement de veiller à ce qu’aucune autorité judiciaire, ministérielle ou étrangère, ne vienne entraver le travail des procureurs ni ne cherche à les influencer dans leurs décisions », a-t-il écrit dans une missive partagée sur Facebook.

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« La diplomatie, les relations internationales ou le risque de froisser une puissance étrangère ne doit pas prévaloir sur la décision d’un juge », estime-t-il. Il affirme également qu’une « enquête a été diligentée en France sous commission rogatoire d’un juge français, dans le cadre d’une demande américaine d’entraide internationale », se disant « inquiet sur le fait que les États-Unis puissent s’ingérer sur une enquête française ».

Bientôt une extradition ?

De son côté, la Cour de Cassation marocaine indique que la demande d’extradition a été présentée par les États-Unis « dans le délai prévu par la loi », accompagnée de tous les documents nécessaires (mandat d’arrêt, résumé des faits et informations sur l’identité du suspect). Elle précise que les « crimes » pour lesquels le jeune homme est réclamé par les Américains « ont leurs équivalents dans le Code pénal marocain » et que « la demande d’extradition remplit toutes les conditions exigées par la loi ».

Toutefois, la cour « n’a pas ordonné » l’extradition du Français. L’extradition ne peut être décidée que « par le Premier Ministre sur proposition d’une commission réunissant aussi les ministres des Affaires étrangères et de la Justice », a expliqué à l’AFP une source proche du dossier.

Après la révélation de son document, l’avocat français de Sébastien Raoult, Philippe Ohayon, a réagi auprès de l’AFP en réitérant sa demande d’ouverture d’une enquête judiciaire en France, assortie d’un mandat d’arrêt français pour obtenir l’extradition de son client vers la France.

Cette décision « nous renforce dans notre détermination à obtenir l’extradition en France de Sébastien Raoult », a-t-il dit. « Nous estimons que Sébastien Raoult n’a pas simplement été abandonné par la France, mais qu’il a été sacrifié, au vu de l’opération de police franco-américaine du 31 mai avec l’interpellation en France de cinq autres personnes dans ce dossier », soit le même jour que l’arrestation de son client au Maroc.

À voir également aussi sur Le HuffPost : Patrick Balkany « heureux » après sa sortie de prison

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