Rwanda: peines de prison ferme pour six opposants des FDU

Au Rwanda, six opposants politiques ont été condamnés, jeudi, à des peines allant de sept à douze ans de prison pour « formation d’un groupe armé » et « menace à la sécurité de l’État ». Tous sont des cadres du mouvement d’opposition des Forces démocratiques unifiées (FDU).

Parmi les six condamnés ce jeudi devant la justice rwandaise, il y avait un absent. Boniface Twagirimana, le vice-président de ce mouvement non reconnu par l’État, a écopé de dix ans de prison alors qu’il est porté disparu depuis octobre 2018. Il était détenu dans la prison de Nyanza, dans le sud du pays et les autorités affirment qu’il s’est évadé. Une version réfutée par ses proches qui estiment qu’il a été enlevé.

Tous les accusés sont des membres des FDU. Il y a notamment le commissaire chargé de la stratégie du parti et le commissaire chargé de la mobilisation politique. Tous les deux ont été condamnés à douze ans de prison.

Un représentant du mouvement dans le sud du pays a lui écopé de dix ans d’emprisonnement alors que deux membres du parti, sans responsabilités particulières, ont été condamnés à sept ans. Quatre personnes ont aussi été relaxées par manque de preuve.

Tous avaient été interpellés en septembre 2017, la plupart dans la capitale Kigali, et accusés d’avoir formé un groupe armé afin de conspirer contre l’État. Leur avocat, Maître Gatera Gashabana, a indiqué qu’il allait faire appel du verdict.

Ce vendredi matin, l’opposante Victoire Ingabire, ex-présidente des FDU, a indiqué que ces chefs d’accusation ne tiennent pas la route. « Tous les opposants politiques sont toujours accusés de ces crimes », explique-t-elle. Elle-même a passé huit ans en prison pour les mêmes délits.