Rwanda : « Depuis dix ans, le dépôt de plainte de ces femmes n’aboutit pas »

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Retenez bien leurs noms et leurs visages. Elles s'appellent Concessa Musabiynama, Marie-Jeanne Muraketete et Prisca Mushimiyimana, elles racontent pour la première fois, face caméra, leurs viols dans les camps de réfugiés de Murambi et Nyarushishi au Rwanda, par des militaires français de l'opération Turquoise, du nom de l'intervention militaire, déployés sous mandat de l'ONU pour mettre fin au génocide des Tutsis au Rwanda entre le 7 et le17 juillet 1994. Si elles ont déjà brisé le silence en témoignant dès 2009 et, allant jusqu'à Paris en 2012 pour déposer une plainte devant la justice française, l'instruction confiée au pôle « Génocide et crimes contre l'humanité » du tribunal judiciaire de Paris, est aujourd'hui au point mort.

Comment vivent-elles ce déni de justice ? Comment ces femmes, six au total à avoir porté plainte, se battent-elles pour conserver la mémoire de leur propre histoire ? Pour mieux nous éclairer, elles ont dépassé leur traumatisme pour retourner sur les lieux de l'horreur. Michaël Sztanke et Gaël Faye sont les deux réalisateurs de Rwanda, le silence des mots, diffusé samedi 23 avril dans Arte Reportage, ils se sont longuement confiés au Point Afrique.

Le Point Afrique : Comment avez-vous eu connaissance de l'histoire de ces femmes ? Et pourquoi avoir approché Gaël Faye ?

Michael Sztanke : J'ai réalisé un documentaire, Rwanda, chronique d'un génocide annoncé, en 2019, pour lequel j'ai plongé dans l'histoire du génocide. Je savais donc q [...] Lire la suite

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