Russie: Vladimir Kara-Mourza, opposant à Poutine, envers et contre tout

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En Russie, la pression s'accroît sur un opposant qui n'hésitait pas à critiquer l'invasion de l'Ukraine. Vladimir Kara-Mourza était déjà derrière les barreaux lorsqu'il a appris vendredi son placement en détention jusqu’en juin dans le cadre d'une enquête pour de « fausses informations » selon la loi russe.

Vladimir Kara-Mourza est un détracteur du Kremlin, qui ces dernières semaines s'exprimait publiquement contre l'invasion russe de l'Ukraine. Âgé de 40 ans, il fait désormais l'objet d'une enquête pour diffusion de « fausses informations ». Cela lui vaut un placement en détention provisoire jusqu'au 12 juin.

Mais l'opposant risque beaucoup plus: jusqu'à 15 ans de prison, selon la nouvelle loi adoptée le mois dernier en Russie visant ce que le Code pénal définit comme de « fausses informations sur l'emploi des forces armées russes ». Les autorités ont renforcé leur arsenal juridique pour contrôler la communication sur l'opération militaire en Ukraine. D'autres enquêtes similaires ont été ouvertes contre des critiques du conflit. Employer les mots « guerre » ou « invasion » suffit à enclencher des poursuites contre n'importe quel citoyen russe.

L’un des derniers opposants d’envergure toujours en Russie

Vladimir Kara-Mourza a par ailleurs été inscrit sur la liste russe des « agents de l'étranger », ce qui lui impose de se présenter comme tel pour toutes ses prises de position, sous peine de sanctions.

L'opposant était déjà en détention lorsqu'il a appris ces nouvelles poursuites. Le 12 avril dernier, il a en effet été condamné à 15 jours de prison pour « insoumission aux forces de l'ordre ». Ancien journaliste, membre d'ONG pro-démocratie, Vladimir Kara-Mourza était un proche de Boris Nemtsov, assassiné en 2015 à quelques pas du Kremlin. Il a également travaillé pour les organisations de Mikhaïl Khodorkovski, un ex-oligarque russe devenu détracteur de Vladimir Poutine.

Historien -il est diplômé de Cambridge-, polyglotte, ancien journaliste -il a collaboré à Novye Izvestia et Kommersant- et coordinateur de l’ONG Russie ouverte, Vladimir Kara-Mourza, qui est né en 1981, est l'un des derniers opposants d'envergure vivant en Russie. Il affirme avoir été empoisonné à deux reprises, en 2015 et en 2017, en raison de ses activités politiques. Le dernier, en février 2017 lui a valu d'ailleurs une période de coma. Il a été récompensé en 2018 du prix du courage au Geneva Summit for Human Rights and Democracy et se déclarait alors, au micro de RFI, « très heureux d'être encore vivant »...

À écouter aussi: Vladimir Kara-Mourza, les risques de s’opposer à Poutine

(et avec AFP)

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