La Russie rend hommage à Viktor Tsoï, légende du rock soviétique

“Une légende qui n’a pas connu l’érosion”, c’est la manière dont le quotidien russe Kommersant décrit Viktor Tsoï. Le chanteur et leader de Kino, incontournable groupe de rock des années 1980, aurait fêté son soixantième anniversaire ce 21 juin.

Son histoire a déjà été relatée dans plusieurs œuvres et films, le dernier en date étant Leto (2018), du réalisateur russe Sergueï Serebrennikov. Soixantième anniversaire oblige, Moscou le met cette année à l’honneur dans une exposition intitulée “Le chemin du héros” au musée du Manège, et, dans toute la Russie, des concerts sont organisés en hommage au natif de Leningrad (aujourd’hui Saint-Pétersbourg).

Une icône foudroyée

Viktor Tsoï à Moscou, 1986. . Photo Igor Vladimirovitch Moukhine / Wikicommons
Viktor Tsoï à Moscou, 1986. . Photo Igor Vladimirovitch Moukhine / Wikicommons

C’est dans les années 1980 que le groupe de rock Kino, formé dans les années 1970, se mue en porte-parole d’une jeunesse qui aspire au changement. Nous sommes alors en pleine Perestroïka, selon le nom donné au programme de réformes économiques et sociales orchestré par Mikhaïl Gorbatchev. En une décennie, le groupe devient célèbre dans tout le pays et à l’international, enchaînant les albums dans une Union soviétique (URSS) qui se laisse aller à plus de libertés.

Tout s’arrête brusquement 15 août 1990, avec la mort soudaine de Viktor Tsoï, âgé de 28 ans, dans un accident de voiture en Lettonie.

Des chansons intemporelles

Depuis, les paroles de Tsoï résonnent toujours chez les Russes, même si elles ne sont pas perçues de la même manière par toutes les couches de la société. Les chansons Koukouchka (“Le Coucou”) et Mi zhdiom peremen (“Nous attendons des changements”) “sont devenues des marqueurs de classes sociales, par ailleurs très opposés”, explique Kommersant :

“Dans les milieux branchés, on s’intéresse au Tsoï précoce et underground, tandis que dans les quartiers plus modestes, on respecte plutôt le Tsoï tardif, héroïco-romantique.”

La société russe se sent de fait liée à Tsoï : non seulement parce qu’“au fil des ans le pronom ‘je’ dans ses textes a laissé place à ‘nous’”, mais aussi parce que ses paroles sont intemporelles.

[...] Lire la suite sur Courrier international

Sur le même sujet :

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles